Soutenance de thèse de ARANGO TORO Rafael


Titre de thèse

Histoires de Formation d'étoiles en galaxies à partir d'images multicolores profondes.

Star Formation Histories of galaxies from deep multi-color images

Date

13 novembre 2025 à 10h00

Adresse

38 Rue Frédéric Joliot Curie, Laboratoire d'Astrophysique de Marseille, 13013, Marseille., Amphitheatre

Ecole doctorale

Physique et Sciences de la Matière

Specialité

PHYSIQUE & SCIENCES DE LA MATIERE - Spécialité : ASTROPHYSIQUE ET COSMOLOGIE

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots clés

Évolution Des Galaxies,Histoire De Formation Stellaire,Ajustement De Distributions D'Énergie Spectrale,Télescope Spatial James Webb,COSMOS-Web,Modélisation Non Paramétrique,

Keywords

Galaxy Evolution,Star Formation Histories,Spectral Energy Distribution Fitting,James Webb Space Telescope,COSMOS-Web,Non-Parametric Modeling,

Jury

Jury de thèse
Qualité Nom Etablissement
Professeur M. ILBERT Olivier LAM, AmU
Chargée de recherche Mme CIESLA Laure LAM, CNRS, Marseille
Professeure associée Mme RODIGHIERO Giulia Université de Padova
Professeur associé M. TACCHELLA Sandro Kavly Institute for Cosmology, Cambridge
Directeur de recherche M. AUSSEL Hervé AIM Parys-Saclay
Professeure Mme BUAT Véronique LAM, amU
Directeur de recherche M. DADDI Emanuele AIM Paris-Saclay

Résumé de la thèse

La formation et l'évolution des galaxies, ainsi que les mécanismes régulant leur formation stellaire, restent des questions centrales en astrophysique. Les grands relevés fournissent des observables clés—couleurs, masses stellaires et taux de formation stellaire (SFR)—permettant de caractériser les populations de galaxies à travers le temps cosmique (Strateva et al. 2001; Peng et al. 2010). Des tendances robustes émergent, comme la distribution bimodale des couleurs et la corrélation masse stellaire–SFR, mais les causes et échelles de temps restent mal contraintes : qu'est-ce qui régule la croissance des galaxies et façonne leur diversité ?
Grâce à la sensibilité et à la résolution sans précédent dans le proche et moyen infrarouge, le James Webb Space Telescope (JWST; Gardner et al. 2006) permet de reconstruire précisément les histoires de formation stellaire (SFH) des galaxies. Cette thèse se concentre sur le Cosmic Evolution Survey (COSMOS; Scoville et al. 2007), l'un des plus grands champs extragalactiques, offrant une couverture multi-longueurs d'onde allant des rayons X à la radio. J'exploite les ensembles de données profonds du COSMOS-Web (Casey et al. 2023), couvrant 0,54 deg² avec les instruments JWST/NIRCam et MIRI, afin d'étudier l'assemblage de la masse stellaire.
Une avancée majeure est l'utilisation de modèles non paramétriques de SFH avec CIGALE (Boquien et al. 2019), capturant des SFH complexes et rapidement variables sans formes fonctionnelles fixes (Pacifici et al. 2016; Leja et al. 2017b). Ce travail réconcilie différents traceurs de SFR et leurs échelles : l'émission radio à 1,4 GHz suit ∼100 Myr, tandis que Hα suit ≲10 Myr (Murphy et al. 2011), ce qui est essentiel pour les galaxies évoluant rapidement, comme les post-starburst.
J'étudie la migration des galaxies dans le plan SFR–M&#8902; (Noeske et al. 2007; Speagle et al. 2014). En combinant les données JWST avec des SFH non paramétriques, je reconstruis les trajectoires au cours du temps cosmique pour &#8764;300 000 galaxies jusqu'à z < 4. Les migration vectors quantifient direction et vitesse dans le plan M&#8902;–SFR, révélant oscillations le long de la séquence principale, excursions liées à des sursauts et trajectoires de quenching. La séquence principale est stable ; les sursauts stellaires apparaissent sur des échelles de temps courtes (<1 Gyr), et le quenching se produit par des voies rapides ou progressives selon la masse et l'époque.
Un volet central de cette thèse est ma contribution au catalogue COSMOS2025, intégrant paramètres photométriques, morphologiques et physiques provenant de JWST, HST et des données au sol. En utilisant CIGALE avec des SFH non paramétriques, j'ai dérivé les masses stellaires, SFR, SFH et le contenu en poussière pour plus de 700 000 galaxies. Ces données publiques constituent un héritage solide pour les futures études et offrent une base robuste pour l'analyse statistique de l'évolution des galaxies.
La méthodologie a été testée avec la simulation cosmologique HORIZON-AGN (Dubois et al. 2014; Laigle et al. 2019; Davidzon et al. 2019), en appliquant le même ajustement SED afin de quantifier précision, limites et biais. En suivant la formation stellaire dépendante du temps et les transitions entre croissance et quiescence, cette thèse propose une vision dynamique de l'évolution des galaxies, combinant observations, modélisation flexible et simulations.
Le manuscrit est structuré comme suit : chapitre 1 – contexte cosmologique ; chapitre 2 – analyse multi-longueurs d'onde ; chapitre 3 – modules CIGALE et SFH ; chapitre 4 – relevés COSMOS et COSMOS-Web ; chapitre 5 – migration des galaxies, stabilité de la séquence principale, sursauts et population passive ; chapitre 6 – échelles de temps de l'émission radio, calibrations, applications et biais ; chapitre 7 – synthèse et perspectives.


Thesis resume

The formation and evolution of galaxies, and the mechanisms regulating their star formation, are central questions in astrophysics. Large surveys provide key observables—colors, stellar masses, and star formation rates (SFRs)—allowing characterization of galaxy populations across cosmic time (Strateva et al. 2001; Peng et al. 2010). From these, robust trends emerge, such as the bimodal color distribution and the correlation between stellar mass and star formation. While informative, the underlying drivers and timescales remain poorly constrained: what regulates galaxy growth and shapes observed diversity?
With unprecedented sensitivity and resolution in the near/mid-IR, the James Webb Space Telescope (JWST; Gardner et al. 2006) enables precise reconstructions of galaxies' star formation histories (SFHs). This thesis focuses on the Cosmic Evolution Survey (COSMOS; Scoville et al. 2007), one of the largest extragalactic fields, providing multi-wavelength coverage from X-ray to radio. I exploit deep datasets from COSMOS-Web (Casey et al. 2023), mapping 0.54 deg² with JWST/NIRCam and MIRI imaging, to investigate stellar mass assembly.
A key advance is non-parametric SFH modeling within the SED fitting framework CIGALE (Code Investigating GALaxy Emission; Boquien et al. 2019), capturing complex, rapidly varying SFHs without fixed functional forms (Pacifici et al. 2016; Leja et al. 2017b). This work reconciles SFR tracers and timescales: 1.4 GHz radio traces &#8764;100 Myr, H&#945; &#8818;10 Myr (Murphy et al. 2011), essential for rapidly evolving galaxies (e.g., post-starburst).
I investigate galaxy migration within the SFR–stellar mass (M&#8902; &#8722; SFR) plane (Noeske et al. 2007; Speagle et al. 2014). Combining JWST data with non-parametric SFHs, I reconstruct trajectories across cosmic time for &#8764;300,000 galaxies up to z < 4. I introduce migration vectors quantifying motion direction and speed over the M&#8902; &#8722; SFR plane, revealing oscillations along the main sequence, burst-driven excursions, and quenching paths. The main sequence is stable; starbursts arise from it on short timescales (<1 Gyr), and quenching occurs via rapid or gradual channels depending on mass and epoch.
A central component is my contribution to COSMOS2025, integrating photometric, morphological, and physical parameters from JWST, HST, and ground-based data. Using CIGALE with non-parametric SFHs, I derived stellar masses, SFRs, SFHs, and dust content for >700,000 galaxies. These public data provide a legacy for future studies.
Methodology is tested with the HORIZON-AGN cosmological simulation (Dubois et al. 2014; Laigle et al. 2019; Davidzon et al. 2019), applying identical SED fitting to quantify accuracy, limitations, and biases. By tracking time-dependent star formation and transitions between growth and quiescence, this thesis advances a dynamic view of galaxy evolution, combining observations, flexible modeling, and simulations.
The manuscript is structured as follows: Chapter 1 provides the cosmological context. Chapter 2 presents multi-wavelength galaxy analysis. Chapter 3 details CIGALE modules and SFH modeling. Chapter 4 introduces COSMOS and COSMOS-Web surveys. Chapter 5 traces galaxy migration across the M&#8902; &#8722; SFR plane, main sequence stability, passive population build-up, and starbursts. Chapter 6 studies 1.4 GHz radio timescales for star formation, calibrations, applications, and biases. Finally, Chapter 7 summarizes the main results and perspectives.