Ecole Doctorale

Sciences de la Vie et de la Santé

Spécialité

Biologie-Santé - Spécialité Neurosciences

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots Clés

toucher,sensibilité tactile,peau,liquides,vieillissement,

Keywords

Touch,tactile sensitivity,skin,liquids,aging,

Titre de thèse

La sensibilité tactile au travers des liquides et du vieillissement : approches multidisciplinaires
Tactile sensitivity through liquids and aging: multidisciplinary approaches

Date

Mercredi 27 Septembre 2023 à 14:00

Adresse

3 Place Victor Hugo 13003 Marseille Amphithéâtre Massiani

Jury

Directeur de these Mme Rochelle ACKERLEY CNRS - Aix-Marseille Université
CoDirecteur de these M. Jean-marc AIMONETTI Aix-Marseille Université
Président M. Valery MATARAZZO Aix-Marseille Université
Examinateur Mme Betty SéMAIL Université de Lille
Rapporteur M. Alessandro FARNè Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon
Rapporteur Mme Marie-Ange BUENO Université de Haute-Alsace

Résumé de la thèse

Nos travaux s'intéressent à la sensibilité tactile chez l’homme selon trois axes complémentaires : la perception des liquides, les effets d’un liquide, une huile cosmétique, sur la sensibilité tactile, et enfin l’évolution de la sensibilité tactile avec l’âge dans des zones de peau glabre et poilue. La première partie de cette thèse s'est axée sur la perception des gouttes d'eau à température ambiante grâce à des méthodes psychophysiques. Nous avons couplé ces méthodes avec une approche physique afin de déterminer s'il existe un paramètre capable d'expliquer la perception des gouttes. Nous avons pu déterminer qu'il existe une facilité pour l'humain à détecter de très faibles quantités d'eau et que la force d'impact ne suffit pas, à elle seule, à expliquer la perception. Dans une seconde étude, nous avons évalué la sensibilité tactile chez des femmes âgées de 40 à 65 ans avant et après utilisation d'une huile de noisette enrichie ou pas en composés odorants susceptibles d'activer des récepteurs olfactifs contenus dans la peau. La sensibilité tactile évaluée en termes de sensibilité à la pression et discrimination de textures a été améliorée uniquement chez les participantes ayant appliqué l’huile parfumée ; aucun changement significatif n’a été observé chez les participantes ayant appliqué la base neutre. Cette étude a été complétée par une approche immunohistologique où l’expression des récepteurs olfactifs et la taille des fibres d’élastine étaient accrue uniquement dans les plasties exposées à l’huile parfumée. La dernière partie s'est axée sur l'évaluation de la sensibilité tactile au cours du vieillissement sur différentes zones du corps avec de la peau glabre et poilue chez 96 participantes âgées de 20 à 75 ans. La sensibilité à la pression et la discrimination spatiale diminuent fortement avec l’âge dans la peau glabre au niveau de l’index. La sensibilité à la pression serait mieux préservée dans la peau poilue de l’avant-bras et surtout au niveau de la joue. Nos travaux ont donc ouvert la voie à un domaine peu exploré encore, la perception des liquides. Ils nous amènent aussi à proposer le concept de neurocosmétique où l’application régulière de produits odorants sur des zones de peau particulièrement affectées lors du vieillissement contribuerait à limiter les pertes sensorielles inéluctables avec l’âge.

Thesis resume

Our work focuses on tactile sensitivity in humans through three complementary lines: the perception of liquids, the effects of a cosmetic oil on tactile sensitivity, and the evolution of tactile sensitivity with age, with a comparison between glabrous and hairy skin. The first part of this thesis focuses on the perception of different masses of drops of water, released at different heights, using psychophysical methods to determine the tactile intensity felt on drop impact on the skin. We coupled this with a physical approach, to investigate the parameters capable of explaining drop perception. We were able to determine that humans have the capacity to detect very small amounts of water and that the impact force alone is not sufficient to explain the perception. In a second study, we evaluated tactile sensitivity in women aged 40 to 65 before and after the use of a cosmetic oil that had a hazelnut oil base, but was enriched or not with odorous compounds that are believed to activate olfactory receptors present in the skin. Tactile sensitivity, assessed in terms of pressure sensitivity and texture discrimination, was improved only in participants who applied the perfumed oil; no significant changes were observed in participants who applied the base oil. This study was complemented by an immunohistological approach, where the expression of olfactory receptors and the size of elastin fibers were increased only in the skin exposed to the scented oil. The last part focused on evaluating tactile sensitivity during aging on different body sites, comparing glabrous and hairy skin, in 96 participants aged 20 to 75 years. Tactile force detection sensitivity and spatial discrimination decreased significantly with age in glabrous skin, on the index finger. Tactile force detection sensitivity appears to be better preserved with age in hairy skin on the forearm, and especially on the cheek. Therefore, our work has opened up a relatively unexplored field, the perception of liquids under various conditions. It also leads us to propose the concept of neurocosmetics, where the regular application of fragrant products on skin areas particularly affected by aging could help limit the inevitable sensory losses associated with age.