Soutenance de thèse de Jean-Cyril JOUETTE

Ecole Doctorale
ESPACES, CULTURES, SOCIETES - Aix Marseille
Spécialité
histoire
établissement
Aix-Marseille Université
Mots Clés
Magie,Divination,Byzance,Sorcellerie,Diable,Iconoclasme,
Keywords
Magic,Divination,Byzantium,Sorcery,Devil,Iconoclasm,
Titre de thèse
Magie bénéfique, magie maléfique et divination dans le monde byzantin (IXe-XIIe siècles)
Benign Magic, Malicious Magic and Divination in the Byzantine World (9th – 12th Centuries)
Date
Jeudi 22 Juin 2017 à 13:00
Adresse
Maison méditerranéenne des sciences de l'homme, 5 Rue Château de l'Horloge, 13090 Aix-en-Provence
Paul-Albert Février
Jury
Directeur de these Elisabeth MALAMUT Aix-Marseille Université
Rapporteur Richard GREENFIELD Queen's University
Rapporteur Marie-Hélène CONGOURDEAU Centre d’Histoire et Civilisation de Byzance
Président Christiane RAYNAUD Aix-Marseille Université
Examinateur Nicolas WEILL-PAROT École Pratique des Hautes Études - Section des Sciences Historiques et Philologiques
Examinateur Ioanna RAPTI École Pratique des Hautes Études - Section des Sciences Religieuses
Examinateur Marie-France AUZéPY Université de Paris VIII

Résumé de la thèse

Cette étude, encore inédite pour l’ensemble de la période étudiée, a pour but de montrer le rôle et l’importance que pouvaient avoir les différentes formes de magie et de divination dans le monde mésobyzantin du premier iconoclasme à la quatrième croisade de 1204. Elle s’articule autour de deux grands thèmes de recherches complémentaires mais qui proposent toutefois une lecture différente des sources faisant état de ces pratiques à Byzance. D’abord, une lecture objective des sources normatives et narratives, complétée par des témoignages archéologiques, nous permet de considérer la place qu’occupaient la magie bénéfique, la magie maléfique et la divination dans la vie quotidienne des Byzantins, et cela en fonction de leurs besoins. Ce premier thème prend en compte la popularité des phylactères et des soins magiques dans la société médiévale et les rapports conflictuels que ces pratiques généraient avec l’orthodoxie byzantine. Ce premier axe de recherche aborde ensuite différentes formes de magie maléfique et les services indécents et immoraux qu’elle seule pouvait proposer, avant de se conclure sur le goût prononcé des Byzantins pour un vaste ensemble de divinations qui, malgré leur caractère illicite, continuaient d’être pratiquées. Le deuxième axe de recherche met en exergue l’utilisation de la figure du magicien ou du devin dans des discours de propagande politico-religieuse, aussi bien dans la littérature hagiographique que dans les œuvres historiographiques. La réflexion se concentre d’abord sur le rôle alloué aux sorciers et aux devins dans le travail d’écriture des hagiographes, puis, d’un point de vue plus général, sur la diabolisation dont furent victimes différents hérésiarques qui étaient jugés un peu trop populaires. Ces mêmes mécanismes ont été mis en évidence pour la question de l’iconoclasme, depuis l’histoire officielle iconodoule où les patriarches et empereurs hétérodoxes, victimes d’une violente damnatio memoriae, n’échappaient pas à l’accusation de sorcellerie. Enfin, cette étude se conclut sur quelques affaires de sorcellerie qui se déroulèrent à la cour impériale, du rétablissement des icônes en 843 à l’aube de la quatrième croisade, derrière lesquelles se dissimulaient des enjeux nettement plus politiques.

Thesis resume

The main goal of this study is to show the role and the importance of different kinds of magical arts and divination among the Byzantine in the middle Byzantine era, from the first iconoclasm to the Fourth Crusade of 1204. This work raises two principal issues, based on two different ways of reading the literary evidences. First, with a “denotative lecture” of normative and narratives sources, along with archaeological artefact, this work shows the importance of benign magic, malicious magic and divination in the Byzantines’ daily life, in response to specific needs: first of all, an healing and protective magic, two kinds of magic which were very popular, but were not permit by the Church; then, the very opposite black magic which responded to shameful wishes, and, at last, a great number of unorthodox divinatory arts which fascinated Byzantine men and women. Secondly, this study brings to light the role of magicians and diviners in political and religious propaganda speeches of the middle Byzantine era. As a preliminary, an attempt is made to demonstrate how some hagiographers used those useful opponents of saints like tools in their writings. Then, this work demonstrates how some heresiarchs, too much popular, were portrayed as evil figures, in order to annihilate some disturbing religious movements. In the same way, it intends to show how iconoclastic emperors and patriarch like Leo III, Constantine V or John the Grammarian were subject to a violent damnatio memoriae by iconophile authors, who accused them frequently of sorcery. Finally, this study takes a look at some sorcery cases in the imperial court from 843 to 1204, behind which lie political issues.