Soutenance de thèse de RATEAU DIT RATEAU-HOLBACH Julie


Titre de thèse

Les arts aux Expositions coloniales de Marseille de 1906 et 1922: Enjeux esthétiques et stratégiques régionaux, nationaux et internationaux

The Arts at the Marseille Colonial Exhibitions of 1906 and 1922: Aesthetic and Strategic Stakes at Regional, National, and International Levels

Date

20 décembre 2025 à 14h00

Adresse

MMSH 5 Rue Château de l'Horloge, 13090 Aix-en-Provence, Salle Duby

Ecole doctorale

Espaces, Cultures, Sociétés - Aix-Marseille

Specialité

Histoire de l'art

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots clés

Expositions coloniales,scenographie,circulation artistique,Arts provençaux,Orientalisme,artisanats,

Keywords

Colonial exhibitions,Scenography,Artistic circulation,Provençal arts,Orientalism,Crafts,

Jury

Jury de thèse
Qualité Nom Etablissement
Directrice d'études Mme FROISSART Rossella EPHE PARIS
Directrice de recherche Mme HURLEY-GRIENER Cécilia École du Louvre,Centre de recherche de l'École du Louvre
Professeur des universités Mme OULEBSIR Nabila Université de Poitiers
Professeur des universités M. PINCHON Pierre Aix-Marseille Université
Directeur du Musée d'Arts Africains, Océaniens, Amérindien M. MARTIN Benoît Musée d'Arts Africains, Océaniens, Amérindiens - Pôle des Musées de Marseille

Résumé de la thèse

En depit de leur ampleur et de leur singularite, les Expositions coloniales de Marseille de 1906 et 1922 n'ont jamais fait l'objet d'une etude approfondie du point de vue de leurs enjeux artistiques. Cette these se propose de combler cette lacune en analysant les logiques d'exposition, de representation et de circulation des arts a l'echelle de Marseille, peripherie strategique qui entend revendiquer sa place de capitale coloniale grace a la position nevralgique de son port. A partir d'un corpus compose de catalogues d'expositions, de correspondances administratives, de sources imprimees et de fonds iconographiques inedits, cette recherche interroge la maniere dont les elites marseillaises — au premier rang desquelles Jules Charles- Roux — mobilisent la scene artistique locale pour legitimer a la fois une identite regionale et un projet colonial. La these examine les modalites de participation des artistes provençaux, coloniaux, orientalistes, et extra-europeens sollicites pour la scenographie, la decoration des palais et la production d'œuvres a visee commemorative ou propagandiste. Elle montre comment ces expositions donnent lieu a une museographie hybride, a mi-chemin entre dispositif ethnographique, narration regionaliste et celebration imperiale.
L'etude accorde egalement une attention particuliere aux processus de selection, de hierarchisation et de mise en visibilite des artistes et artisans extra- europeens, dont la presence reste soumise a des logiques raciales et de spectacularisation. A travers l'analyse de la Societe coloniale des artistes français et des politiques de bourses destinees aux artistes metropolitains, elle met au jour les formes de circulation intra-imperiale des savoirs, des esthetiques et des pratiques. En conjuguant l'etude de la production plastique, de la scenographie et de l'instrumentalisation des artisanats, cette recherche restitue la singularite des expositions marseillaises dans l'histoire croisee de l'art et de l'expansion coloniale.


Thesis resume

Despite their scale and singularity, the Colonial Exhibitions of Marseille in 1906 and 1922 have never been the subject of an in-depth study from the perspective of their artistic stakes. This dissertation seeks to fill that gap by analysing the logics of exhibition, representation, and circulation of the arts at the scale of Marseille—a strategic periphery intent on asserting its claim as a colonial capital by virtue of the pivotal location of its port. Drawing on a corpus composed of exhibition catalogues, administrative correspondence, printed sources, and previously unpublished iconographic material, this research examines how the Marseillais elites—foremost among them Jules Charles-Roux—mobilised the local artistic scene to legitimise both a regional identity and a colonial project.
The thesis investigates the forms of participation of Provençal, colonial, Orientalist, and extra-European artists commissioned for scenography, palace decoration, and the production of commemorative or propagandistic works. It demonstrates how these exhibitions gave rise to a hybrid museography, midway between ethnographic display, regionalist narrative, and imperial celebration.
Particular attention is devoted to the processes of selection, hierarchisation, and visual staging of extra-European artists and artisans, whose presence remained subject to racialised and spectacularising logics. Through an analysis of the Société coloniale des artistes français and scholarship programmes intended for metropolitan artists, the study brings to light the intra-imperial circulation of knowledge, aesthetics, and practices. By combining the study of artistic production, scenography, and the instrumentalisation of the decorative arts, this research restores the singular place of Marseille's exhibitions within the intertwined histories of art and colonial expansion.