Soutenance de thèse de ARAROU CHAKIB


Titre de thèse

La littérature marocaine face au Mashriq: textes,édition, médiations (des années 1920 au milieu des années 1980)

Moroccan literature and Mashriq: texts, publishing and mediations (from the 1920s to the mid-1980s)

Date

30 juin 2025 à 14h00

Adresse

Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme 5 rue du Château de l'Horloge 13090 Aix-en-Provence, Salle Paul-Albert Février

Ecole doctorale

Espaces, Cultures, Sociétés - Aix-Marseille

Specialité

Monde arabes,musulman et sémitique

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots clés

Maroc,littérature,Mashriq,

Keywords

Morocco,literature,Mashriq,

Jury

Jury de thèse
Qualité Nom Etablissement
Professeur des universités M. JACQUEMOND Richard Aix Marseille Université
Professeur des universités M. ZEKRI Khaled Université Moulay Ismaïl - Meknès
Professeure des universités Mme DENOOZ Laurence Université de Lorraine
Docteur M. LEPERLIER Tristan CNRS, UMR 7172 THALIM
Docteure Mme NAKHLé-CERRUTI Najla CNRS
Professeur émérite M. BAKHOUCH Mohamed Aix-Marseille Université

Résumé de la thèse

Cette thèse analyse les relations littéraires entre le Maroc et les pays du Mashriq (Égypte, Palestine et Liban principalement, plus secondairement Syrie, Irak et Jordanie), au long cours d'un processus de formation d'un champ littéraire moderne amorcé dans les années 1920, et jusqu'au milieu des années 1980. Le sujet est abordé sous l'angle socio-historique, suivant une approche chronologique pour l'essentiel. La recherche proposée retrace différentes étapes de la constitution du champ littéraire marocain en les analysant par le prisme de la relation avec le centre de l'aire arabophone, situé au Caire dans la première moitié du XXe siècle et à Beyrouth pour l'essentiel de la seconde moitié de ce même siècle. Trois axes principaux ont été retenus pour analyser cette dynamique de constitution d'une périphérie littéraire, puis les tentatives des acteur·ices du champ national pour s'imposer à l'échelle aréale. Le premier est un corpus de textes littéraires (articles, romans, nouvelles, récits de voyage, poèmes, textes autobiographiques ou autofictionnels) abordant divers aspects de cette relation. Certains textes de ce corpus sont analysés au fil du récit historique proposé dans les trois premiers chapitres de chaque partie. Le chapitre conclusif de ces dernières est entièrement dédié à l'analyse textuelle, laquelle est éclairée par les apports de l'analyse socio-historique, qu'elle complète en retour. Le deuxième est l'édition : j'ai retracé les relations éditoriales entre les écrivain·es marocain·es et les maisons d'édition du Mashriq, mais aussi la constitution progressive d'une économie nationale du livre, parfois en relation étroite avec le centre. Ces relations éditoriales constituent un enjeu décisif de la relation de centre à périphérie, à la fois pour la visibilité des écrivain·es et pour les échanges économiques entre un champ éditorial national important massivement le livre mashriqī et trouvant difficilement un débouché à sa production, très modeste au début de la période étudiée mais en constante croissance par la suite, dans le sens inverse. Enfin, j'ai étudié dans ce travail les médiations entre ces deux espaces, et tout particulièrement deux d'entre elles : les revues littéraires et la traduction, qui constituent les deux principales passerelles entre périphérie marocaine et centre mashriqī, le centre français de l'aire francophone dans laquelle le Maroc est aussi inséré servant de manière récurrente de levier dans les luttes symboliques avec le centre aréal arabophone. La combinaison de ces trois axes ambitionne de rendre compte de la manière la plus complète possible de cette relation structurante, assez souvent abordée de manière latérale par la recherche marocaine, qui n'avait jusqu'ici pas fait l'objet d'une étude systématique.


Thesis resume

This research analyses the literary relations between Morocco and the countries of the Mashriq (primarily Egypt, Palestine, and Lebanon, and secondarily Syria, Iraq, and Jordan), throughout the long process of forming a modern literary field that began in the 1920s and extended to the mid-1980s. The subject is approached from a socio-historical perspective, following a primarily chronological approach. This research traces the various stages of the constitution of the Moroccan literary field, analysing them through the prism of its relationship with the centre of the Arabophone world—located in Cairo during the first half of the 20th century and in Beirut for most of its second half. Three main axes were chosen to analyse this dynamic of the formation of a literary periphery and the subsequent attempts by national field actors to assert themselves on a regional scale. The first is a corpus of literary texts (articles, novels, short stories, travel narratives, poems, autobiographical or autofictional texts) addressing various aspects of this relationship. Some of these texts are analysed within the historical narrative developed in the first three chapters of each part. The final chapter of each part is entirely dedicated to textual analysis, which completes the socio-historical analysis and benefits from its light in return. The second axis is publishing: I retraced the editorial relationships between Moroccan writers and publishing houses in the Mashriq, as well as the gradual establishment of a national book economy—at times closely linked to the centre. These editorial relationships represent a decisive aspect of the centre-periphery dynamic, both in terms of the visibility of Moroccan authors and the economic exchanges between a national publishing field that imported Mashriqi books massively and struggled to find an outlet for its own (initially modest but steadily growing) production in the opposite direction. Finally, this work also explores the mediations between these two spaces, particularly focusing on two of them: literary journals and translation, which are the two main bridges between the Moroccan periphery and the Mashriqi centre. The French centre of the Francophone area, to which Morocco also belongs, recurrently serves as a lever in symbolic struggles with the Arabophone regional centre. The combination of these three axes aims to provide the most comprehensive possible account of this structuring relationship, which has often been approached tangentially by Moroccan research and, until now, had not been the subject of a systematic study.