Soutenance de thèse de HAFKAMP Marijn
Titre de thèse
Coordination interpersonnelle dans une action conjointe fonctionnelle : Apports du paradigme de balle-et-barre manuel
Interpersonal coordination in a functional joint action: Insights from a manual ball-and-beam paradigm
Résumé de la thèse
Dans cette thèse nous avons étudié la coordination interpersonnelle des comportements moteurs dans le contexte d'une action conjointe fonctionnelle. Pour ce faire, nous avons développé un nouveau paradigme expérimental dans lequel les participants devaient contrôler une balle sur une longue barre tenue à la main. En ajustant continuellement l'angle d'inclinaison de la barre, ils devaient faire rouler la balle réciproquement entre deux cibles, dans le but d'atteindre ces cibles aussi souvent que possible au cours d'un essai. Cette tâche pouvait être exécutée individuellement, en solo, ou conjointement, en dyade. La communication ouverte était proscrite dans tous les contextes. Dans trois expériences, nous avons montré que le mode de coordination interpersonnelle dans l'action conjointe dépendait qualitativement de l'expérience à la tâche des membres du dyade dans l'action solo. Les résultats ont montré que les dyades inexpérimentées adoptaient un mode séquentiel de coordination interpersonnelle, tandis que les dyades expérimentées optaient pour un mode de coordination simultanée plus efficace. Sur la base de ces résultats, nous avons développé une nouvelle méthodologie pour évaluer le transfert de compétences d'une action solo vers une action conjointe. Nous avons constaté que les caractéristiques de performance liées à la vitesse de la balle se propageaient fortement de l'action en solo à l'action conjointe, tandis que les caractéristiques liées à la précision de la balle n'étaient que modérément transférées. En outre, les membres de la dyade qui produisaient une vitesse de balle plus élevée en solo étaient plus susceptibles de prendre la tête de l'interaction. Nous en avons conclu que la stabilité de la coordination interpersonnelle provenait de l'interaction des dyades, tout en étant contrainte par l'objectif de la tâche. Plus généralement, nos résultats démontrent qu'une approche écologique de l'action conjointe doit prendre en compte non seulement la stabilité, mais aussi la fonctionnalité de la coordination interpersonnelle.
Thesis resume
In this thesis we investigated the interpersonal coordination of movement behavior in the context of a functional, that is, a goal-directed joint action. To do so, we developed a new experimental paradigm in which participants had to control a ball rolling on a long and hand-held beam. By continuously adjusting the inclination angle of the beam, they were to roll the ball reciprocally between two targets, with the goal to hit these targets as often as possible during a trial. This ball-and-beam task could be performed individually, in solo action, as well as dyadically, in joint action. Overt communication was precluded in all settings. In a series of three experiments, we showed that the mode of interpersonal coordination in joint action was qualitatively dependent on the task experience of dyad members in solo action. Results showed that unexperienced dyads adopted a sequential mode of interpersonal coordination, while experienced dyads opted for a more successful, simultaneous mode of coordination. Building upon this finding, we developed a novel methodology to assess the transfer of skill from solo action to joint action. We found that those performance characteristics that were somehow related to ball speed were strongly propagated from the solo to the joint action, while the characteristics related to ball accuracy and beam consistency were only moderately transferred. Also, the dyad members that produced a higher ball speed in solo action were more likely to take the lead in the interaction. From this we concluded that the stability of the interpersonal coordination emerged from the dyads' interaction, while being constrained by the task goal to bring the ball up to speed. More generally, our results demonstrated that an ecological account of joint action needs to address not only the stability, but also the functionality of the required interpersonal coordination.