Soutenance de thèse de CHEHAB Ihssane


Titre de thèse

La « ville nouvelle » du Val d'Yerres portée par la Société centrale immobilière de la Caisse des dépôts et consignations : un laboratoire d'innovations architecturales et urbaines (1958-1978)

The new town of Val d'Yerres developed by the Société centrale immobilière de la Caisse des dépôts et consignations: a laboratory for architectural and urban innovation (1958-1978)

Date

26 février 2025 à 14h00

Adresse

33 rue Bernard Du Bois – 13001 Marseille-IMVT, Amphi 200-IMVT

Ecole doctorale

Espaces, Cultures, Sociétés - Aix-Marseille

Specialité

Architecture

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots clés

SCIC,innovation,urbanisme écologique,ville nouvelle,CDC,urbanisation nouvelle,

Keywords

Innovative Housing,SCIC,CDC,new town,innovations,ecological urbanism,

Jury

Jury de thèse
Qualité Nom Etablissement
Professeur M. BORRUEY René Aix Marseille Université
Professeur M. BERTONI Angelo Université Grenoble Alpes/ENSA de Grenoble
Professeur Mme THIBAULT Estelle École nationale supérieure d'architecture de Paris-Belleville, chercheur à IPRAUS/AUSSER
Professeur M. LANDAUER Paul École d'architecture de la ville et des territoires Paris-Est – Université Gustave Eiffel, chercheur à l'OCS
Maître de conférences Mme CHLAJUB Bénédicte École nationale supérieure d'architecture de Clermont-Ferrand
Maître de conférences Mme DE ARAUJO Ana bela l'École nationale supérieure d'architecture de Marseille, chercheur à INAMA

Résumé de la thèse

Au tournant des années 1960, face à l'expansion anarchique des grands ensembles et à la prolifération de la banlieue pavillonnaire, l'État, les acteurs de l'aménagement de la région parisienne et les grands maîtres d'ouvrage de l'époque, dont la Société centrale immobilière (SCIC), filiale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), entreprennent de repenser et de réorganiser les territoires de la région parisienne où ces problématiques sont particulièrement concentrées. Leur ambition est d'élaborer une nouvelle politique de logement et d'aménagement résolument orientée vers la qualité et l'innovation, tout en évitant la création de villes-dortoirs. Acteur clé de la production des grands ensembles depuis le milieu des années 1950, la SCIC se distingue par sa volonté d'amorcer une diversification de son offre en introduisant des formes d'habitat innovantes, inspirées notamment des pratiques nordiques et fondées sur une approche d'architecture-paysagère. L'opération urbaine du « Val d'Yerres » (1958-1978) s'affirme ainsi comme un jalon majeur de cette nouvelle approche de l'urbanisation, portée par la SCIC et bénéficiant du soutien de Pierre Sudreau, ministre de la Construction. Ce projet mobilise une jeune génération d'architectes français et étrangers pour explorer des approches novatrices, articulant typologies renouvelées et modèles d'urbanisation revisités, afin de redéfinir les contours de l'habitat social et de repenser de manière audacieuse les modes d'expansion urbaine. Notre recherche vise à mettre en lumière les démarches intellectuelles et décisionnelles ayant conduit à la conception du projet du « Val d'Yerres », en interrogeant le rôle joué par l'État et la SCIC dans sa mise en œuvre. Cette étude révèle également les tensions générées par ce projet dans des territoires jusque-là marqués par une quiétude rurale, en s'interrogeant sur la manière dont les trois communes impliquées ont accueilli cette urbanisation, les résistances qu'elle a suscitées et les répercussions de ces mouvements locaux sur le développement ambitieux du projet.
Ainsi, l'opération du « Val d'Yerres »(1958-1978) apparaît non seulement comme la dynamique d'une mutation dans la politique de construction de la SCIC, mais également comme un jalon majeur dans l'histoire des politiques d'aménagement urbain conduites par les pouvoirs publics, s'inscrivant parallèlement à l'émergence de la politique des ZUP en 1958, tout en préparant le terrain pour le projet des villes nouvelles (1965) et préfigurant les orientations du Plan Construction (1971), articulées autour de la qualité de vie, de l'expérimentation et de l'innovation.


Thesis resume

At the turn of the 1960s, faced with the anarchic expansion of large housing estates and the proliferation of suburban housing, the French government, those involved in development in the Paris region and the major developers of the period, including Société Centrale Immobilière (SCIC), a branch of Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), undertook to rethink and reorganize the areas of the Paris region where these problems were particularly concentrated. Their ambition is to develop a new housing and development policy resolutely focused on quality and innovation, while avoiding the creation of dormitory towns. A key player in the production of large-scale housing estates since the mid-1950s, SCIC stands out for its determination to diversify its offer by introducing innovative forms of housing, inspired in particular by Nordic practices and based on a landscape-architecture approach. The “Val d'Yerres” urban project (1958-1978) was a major milestone in this new approach to urban development, supported by SCIC and backed by Pierre Sudreau, Minister of Construction. This project mobilizes a young generation of French and foreign architects to explore innovative approaches, articulating renewed typologies and revisited urbanization models, in order to redefine the contours of social housing and boldly rethink modes of urban expansion. Our research aims to shed light on the intellectual and decision-making processes that led to the conception of the “Val d'Yerres” project, by questioning the role played by the State and the SCIC in its implementation. The study also reveals the tensions generated by this project in areas until then marked by rural tranquility, by examining the way in which the three communes involved welcomed this urbanization, the resistance it provoked and the repercussions of these local movements on the ambitious development of the project.
In this way, the “Val d'Yerres” project (1958-1978) is seen not only as the dynamic of a change in SCIC's construction policy, but also as a major milestone in the history of public authority urban development policies ; it coincided with the emergence of the ZUP policy in 1958, while paving the way for the new towns project (1965) and outlining the orientations of the Plan Construction (1971), based on quality of life, experimentation and innovation.