Soutenance de thèse de Anna ROUADJIA

Ecole Doctorale
ESPACES, CULTURES, SOCIETES - Aix Marseille
Spécialité
sociologie
établissement
Aix-Marseille Université
Mots Clés
ville,environnement,nature,
Keywords
city,environment,nature,
Titre de thèse
La place de la "nature" dans la gestion et les usages des villes en Méditerranée. Héritages, ruptures et perspectives : une comparaison Alger-Marseille
Use and planning of nature in mediterranean cities : heritages and perspectives, a comparison between Algiers and Marseille
Date
Lundi 14 Janvier 2019 à 14:00
Adresse
MMSH 5 Rue Château de l'Horloge 13090 Aix-en-Provence France
DUBY
Jury
Directeur de these M. Hubert MAZUREK Aix-Marseille Université
CoDirecteur de these Mme Cécilia CLAEYS Aix-Marseille Université
Examinateur M. Madani SAFAR-ZITOUN Université d'Alger
Examinateur Mme Carole BARTHELEMY Université d'Aix-Marseille
Rapporteur M. Jean-Pierre LéVY Ecole des Ponts ParisTech – LATTS
Rapporteur M. Tozzi PASCAL Université/IUT Bordeaux Montaigne

Résumé de la thèse

L'introduction de l'enjeu environnemental au sein des politiques urbaines, induit une requalification de la place et du rôle attribué aux éléments naturels, et suppose notamment une progressive transformation des pratiques gestionnaires relatives au ménagement des jardins publics. Les principes du développement durable urbain, qui ont été édictés dans le contexte des pays d'Europe de l'Ouest dans les années 1990, ont ensuite été adoptés par les gouvernements du Sud, et notamment par les États du Maghreb au cours de la décennie suivante. Sous l'influence des orientations ministérielles et des institutions internationales, est attribué un statut renouvelé à la « nature » présente en ville. Or ces dynamiques font face à des phénomènes d'inertie qui induisent une régularité des écarts existants entre les principes édictés formellement et les actions engagées localement. Ainsi, cette thèse analyse les représentations, les normes et les pratiques relatives à la nature urbanisée dans deux agglomérations, situées de part et d'autre de la Méditerranée, où ces écarts sont particulièrement saillants. La comparaison permet d'opérer un parallèle entre deux projets urbains, visant à faire de Marseille une ''ville-nature'' et d'Alger une ''ville-jardin''. Entre Alger et Marseille, se pose la question des héritages et des ruptures historiques, mais aussi celle des impératifs liés aux politiques internationales, qui s'imposent sans pour autant infléchir les dynamiques de consommation foncière, d'inégalités socio-territoriales ou de fragilisation des écosystèmes locaux. En partant des travaux issus de la sociologie de l'environnement, de l'urbain et du politique, et en s'appuyant sur un corpus réunissant des données qualitatives, cette recherche explore les dimensions symboliques, sociales et politiques de la « nature » urbanisée. Une centaine d'entretiens et tout autant d'observations ont été menés auprès d'habitants vivant dans différents quartiers de ces deux villes, mais également auprès d'institutionnels et de praticiens ; afin de saisir le rôle des configurations territoriales et des positions sociales, sur les rapports à l'environnement. L'étude comparée des modalités de gestion et de planification des espaces verts publics, puis des mobilisations sociales au sujet de l'environnement, et enfin celle des pratiques et des représentations culturelles du végétal, permet d'expliquer les motifs de la marginalisation de la question écologique dans ces contextes socio-politiques. La comparaison montre que la notion de « nature » renvoie à des acceptations culturellement différenciées, qui en contexte méditerranéen, ne sauraient être réduites à un déterminisme anthropocentrique.

Thesis resume

The inclusion of the environmental question within urban policy has brought about a reappraisal of the place and role assigned to natural features, and has implied a gradual transformation of managerial practices relating to the protection of public parks. The principles of sustainable urban development, which were established in Western European countries during the 1990s, were then taken on by governments in the global South, and in particular by the different states in the Maghreb during the following decade. « Nature » in an urban context has been given an upgraded status in the light of ministerial policies and international institutions. However, these processes have met with resistance to change, regularly bringing about a gap between the principles that have been formally established and action undertaken locally. This thesis therefore examines the representations, norms and practices pertaining to nature in an urban context in two large cities situated on either side of the Mediterranean, and where such discrepancies are particularly salient. The comparative approach allows for a parallel to be established between two urban projects, one seeking to make Marseille into a “nature city” and the other Algiers into a “garden city”. Between Algiers and Marseille, we need to take into account historical legacies and transitions, but also the requirements linked to international policies that actors have to observe without, however, such requirements altering the dynamics of land consumption, socio-spatial inequalities or the weakening of local ecosystems. Based on work stemming from the sociology of the environment, urban sociology and political sociology, and bringing together a corpus of qualitative data, this research examines the symbolic, social and political aspects of “nature” in its urban context. In order to understand the influence of local urban contexts and social factors on people’s relationships to the environment, one hundred interviews and as many examples of participant observation were carried out among inhabitants living in different districts of these two cities, and also among institutional actors and practitioners. The comparative study of the ways in which public green spaces are managed and planned, of social campaigning relating to the environment, and of public park practices and cultural representations of plants can explain the reasons for the marginalisation of the ecological question in these socio-political contexts. It also shows that the notion of “nature” relates to culturally-specific understandings which, in the Mediterranean context, cannot be limited to anthropocentric determinism.