Soutenance de thèse de PIVANO Audrey


Titre de thèse

Chirurgie de l'endométriose pelvienne profonde
postérieure : organisation de l'activité
chirurgicale et qualité des soins en France

Posterior deep infiltrating endometriosis surgery : Organization of Surgical Activity and Quality of Care in France

Date

11 décembre 2025 à 15h00

Adresse

Faculté des sciences médicales et paramédicales Aix Marseille Université Salle de visioconférence, RDC 27 Boulevard Jean Moulin 13005 Marseille, salle de visioconférence

Ecole doctorale

Recherches Biomédicales

Specialité

RECHERCHES BIOMEDICALES Recherche clinique, simulation et sciences paramédicales

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots clés

endométriose profonde,chirurgie gynécologique,complications,volume du centre,

Keywords

deep endometriosis,gynecologic surgery,complication,center case volume,

Jury

Jury de thèse
Qualité Nom Etablissement
Professeur des universités - praticien hospitalier M. AGOSTINI Aubert AMU - APHM
Professeure des universités - praticienne hospitalière Mme RUBOD Chrystel Université et CHU de Lille
Professeure des universités - praticienne hospitalière Mme BERBIS Julie Aix Marseille Université, APHM, CEReSS
Professeur des universités - praticien hospitalier M. LETOUZEY Vincent Université de Montpellier et CHU Nîmes
Professeur des universités - praticien hospitalier M. DELOTTE Jerome Université et CHU Archet de Nice
Professeur des universités - praticien hospitalier M. PIRRO Nicolas AMU - APHM

Résumé de la thèse

L'endométriose est une pathologie gynécologique fréquente, touchant environ 10 % des femmes en âge de procréer. L'endométriose pelvienne profonde (EPP) se caractérise par une infiltration de la musculeuse des organes, principalement du compartiment postérieur, et peut être responsable de douleurs pelviennes chroniques et d'infertilité. Sa prise en charge chirurgicale, souvent complexe, expose à un risque non négligeable de complications postopératoires et nécessite une organisation structurée du parcours de soins.
Cette thèse s'appuie sur l'exploitation de la base médico-administrative nationale PMSI, couvrant l'ensemble des établissements publics et privés de France métropolitaine, afin d'analyser de manière exhaustive la chirurgie de l'EPP postérieure selon trois axes :
1- Cartographie nationale et accessibilité des soins
2- Impact du volume chirurgical sur les complications postopératoires
3- Effet de la Réhabilitation Améliorée Après Chirurgie (RAAC) sur la durée de séjour et le taux de complications post opératoires.
Cartographie nationale de la chirurgie de l'EPP postérieure :
Sur l'année 2023, 5364 séjours hospitaliers pour chirurgie de l'EPP postérieure ont été identifiés dans 339 établissements. L'activité chirurgicale apparaît très concentrée : 20 % des
établissements réalisent 80 % des interventions. Cette concentration, principalement autour des grands centres urbains, laisse certaines régions sous-dotées. Les patientes parcouraient en moyenne 46,5 km pour accéder à leur lieu de soins. Les patientes socialement défavorisées (CMU/CMUc) et celles présentant davantage de comorbidités étaient plus souvent opérées dans le secteur public ou privé à but non lucratif. Ces résultats soulignent
une disparité territoriale et la nécessité d'une structuration nationale autour de centres experts régionaux.
Volume chirurgical et complications postopératoires :
Entre 2021 et 2023, 15 364 séjours pour une chirurgie de l'EPP postérieure ont été recensés, dont 658 (4,3 %) avec une complication postopératoire grave (grades III–V de Clavien). Un seuil d'activité optimal de 40 interventions/an/centre a été identifié, au-delà duquel le risque de complication diminue significativement (OR : 0,83 [0,70–0,99], p = 0,03). Les taux de complications graves étaient de 5,3 % dans les centres à faible volume contre 3,6 % dans ceux à haut volume. Ces résultats démontrent un effet protecteur du volume chirurgical, renforçant la pertinence de labelliser des centres experts à haut volume.
Réhabilitation Améliorée Après Chirurgie (RAAC):
L'étude comparative entre 191 patientes opérées dans le cadre d'un protocole RAAC (2019) et 573 patientes non RAAC (2015) montre une réduction significative de la durée d'hospitalisation (4,28 ± 3,80 jours vs 5,42 ± 4,04 jours, p = 0,0008) et une diminution des douleurs postopératoires (2,6 % vs 8,4 %, p = 0,01), sans augmentation des complications ni des réhospitalisations à 30 jours. La RAAC s'impose donc comme une stratégie sûre et efficace, améliorant la récupération sans compromettre la sécurité des patientes.
Conclusion
Cette thèse met en évidence la nécessité d'une organisation nationale de la chirurgie de l'EPP autour de centres experts, combinée à la généralisation des protocoles de RAAC. Ces leviers sont essentiels pour garantir une prise en charge équitable, sécurisée et de haute qualité sur l'ensemble du territoire français.


Thesis resume

Endometriosis is a common gynecological disorder affecting approximately 10% of women of reproductive age. Deep infiltrating endometriosis (DIE) is characterized by infiltration of the muscular layer of pelvic organs, predominantly within the posterior compartment, and may
cause chronic pelvic pain and infertility. Its surgical management is often complex, associated with a non-negligible risk of postoperative complications, and requires a well-structured care pathway.
This thesis is based on data from the French national medico-administrative database (PMSI), encompassing all public and private healthcare facilities in mainland France, to provide a comprehensive analysis of posterior DIE surgery according to three main axes:
1. National mapping and accessibility of care
2. Impact of surgical volume on postoperative complications
3. Effect of Enhanced Recovery After Surgery (ERAS) on length of stay and postoperative outcomes.
National Mapping of Posterior DIE Surgery:
In 2023, a total of 5,364 hospital stays for posterior DIE surgery were identified across 339 healthcare centers. Surgical activity was highly concentrated: 20% of centers performed 80% of procedures. This concentration, mainly around large urban centers, left certain regions
underserved. On average, patients traveled 46.5 km to access their surgical center. Socially disadvantaged women (covered by CMU/CMUc) and those with multiple comorbidities were more frequently operated on in public or non-profit hospitals. These findings highlight significant territorial disparities and emphasize the need for a nationally coordinated network
of regional expert centers.
Surgical Volume and Postoperative Complications :
Between 2021 and 2023, 15,364 hospital stays for posterior DIE surgery were recorded, among which 658 cases (4.3%) involved severe postoperative complications (Clavien grades III–V). An optimal surgical volume threshold of 40 procedures per year per center was
identified, above which the risk of complications decreased significantly (OR: 0.83 [0.70–0.99], p = 0.03). The rate of severe complications was 5.3% in low-volume centers compared with 3.6% in high-volume centers. These results demonstrate a protective effect of higher surgical volume, supporting the relevance of designating high-volume expert centers.
Enhanced Recovery After Surgery (ERAS) :
A comparative study between 191 patients managed under an ERAS protocol (2019) and 573 non-ERAS patients (2015) showed a significant reduction in hospital stay duration (4.28 ± 3.80 vs. 5.42 ± 4.04 days, p = 0.0008) and fewer postoperative pain syndromes (2.6% vs. 8.4%, p =
0.01), without any increase in complications or readmissions within 30 days. ERAS thus emerges as a safe and effective strategy, enhancing recovery without compromising patient safety.
Conclusion
This thesis underscores the need for a national reorganization of posterior DIE surgery around specialized expert centers, combined with the systematic implementation of ERAS protocols. These strategies are crucial to ensure equitable, safe, and high-quality surgical care for women across the French territory.