Soutenance de thèse de HILAIRE Fiona


Titre de thèse

La preuve illicite

Illicit evidence

Date

24 septembre 2025 à 15h00

Adresse

29 Avenue Robert Schuman, 13100 Aix-en-Provence, Salle du Conseil n°1

Ecole doctorale

Sciences Juridiques et Politiques

Specialité

Doctorat en droit spécialité Droit privé

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots clés

preuve,preuve illicite,admissibilité,procès civil,

Keywords

evidence,unlawfully evidence,admissibility,civil litigation,

Jury

Jury de thèse
Qualité Nom Etablissement
Professeur agrégé Mme LARDEUX Gwendoline Aix Marseille Université
Professeur émérite Mme FRICERO Natalie Université Côte d'Azur
Professeur agrégé M. PUTMAN Emmanuel Aix Marseille Université
Professeur agrégé M. BALAT Nicolas Aix Marseille Université
Professeur agrégé M. ADAM Patrice Université de Lorraine
Professeur agrégé Mme BERGEAUD-WETTERWALD Aurélie Université de Bordeaux

Résumé de la thèse

L'article 9 du Code de procédure civile est traditionnellement présenté comme le siège
de la licéité probatoire. Pour autant, ce rattachement textuel apparaît délicat à deux
égards :
- D'une part, cette disposition règlementaire attribue à chaque partie la charge de
prouver les faits nécessaires au succès de sa prétention « conformément à la loi ».
Or, une telle expression ne traduit que partiellement l'exigence de licéité de la
preuve. Elle conduit, en effet, à enfermer la licéité dans la notion de légalité et
néglige ainsi ses autres dimensions. En somme, la conformité à la loi entendue dans
son sens formel ne peut pas, à elle seule, dessiner les contours de l'exigence de
licéité de la preuve.
- D'autre part, la sanction de cette disposition règlementaire – à savoir,
l'irrecevabilité de la preuve illicite – ne reflète plus parfaitement l'état du droit
positif. Les contentieux dans lesquels les preuves entachées d'illicéité sont admises
aux débats se multiplient. La formulation est d'ailleurs presque devenue rituelle
sous la plume de la Cour de cassation : « l'illicéité (...) dans l'obtention ou la
production d'un moyen de preuve ne conduit pas nécessairement à l'écarter des
débats ».
Ainsi, tout en précisant les contours de l'illicéité de la preuve, la présente étude a pour
objet de mettre en lumière que le droit positif est favorable à l'admissibilité des
preuves illicites dans le procès civil. Il propose alors un travail de reformulation et
d'adjonction de certains textes au Code de procédure civile afin de clarifier le droit positif
en la matière.


Thesis resume

Article 9 of the French Code of Civil Procedure is traditionally regarded as the
cornerstone of the principle of unlawfully evidence. However, this textual basis is
awkward for two reasons :
- Firstly, this regulatory provision assigns to each party the burden of proving the
facts necessary to support their claims ''in accordance with the law''. Yet this
expression only partially captures the requirement of lawfully evidence. It
effectively confines legality to mere conformity with the law in its formal sense,
thereby neglecting its other dimensions. To sum up, compliance with the law in its
formal sense cannot, on its own, define the contours of the requirement for
evidence to be lawful.
- Secondly, associated with this regulatory provision – the exclusion of unlawful
evidence – no longer accurately reflects the current state of positive law. Case law
increasingly admits evidence tainted by illegality into civil proceedings. The
wording has become almost formulaic in the Cour de cassation: ''unlawfulness (...)
in the obtaining or production of evidence does not necessarily justify its exclusion
from the proceedings''.
Accordingly, while clarifying the contours of evidentiary illegality, the present thesis
aims to demonstrate that current positive law is favorable to the admissibility of
unlawfully obtained evidence in civil litigation. Therefore, a process of reformulation
and addition has been done in the French Code of Civil Procedure in order to clarify the
positive law in this field.