Soutenance de thèse de AYME Camille
Titre de thèse
horizon vertical, matérialité et mouvements de l'architecture, histoires de trous et de tours
vertical horizon, materiality and movement in architecture, stories of holes and towers
Résumé de la thèse
Construire toujours plus haut implique de creuser toujours plus profondément.
Le point de départ de cette recherche est un constat assez simpliste. La très grande majorité des bâtiments érigés dans ce monde (qu'ils soient en pierre, en terre, en acier, en béton ou en brique) correspondent à un trou, un vide, une absence aux endroits d'où les matières premières sont extraites.
L'observation de notre environnement construit (villes ou bâtiments iconiques) m'amène à tracer symboliquement ou littéralement le fil entre les lieux d'extraction des matériaux de construction, et la forme finale que prennent ces éléments dans le bâtiment érigé. La morphologie des villes contemporaines a fait émerger une skyline particulière faite de tours toujours plus hautes, dont les pics et les décrochés ont influencé autant l'art, le cinéma que les rapports sociaux.
En usant d'un regard qui se déplace verticalement - du trou à la tour - la thèse met en perspective des éléments disparates, maintenus ensemble par un mortier de micro-histoires et d'œuvres d'art et de fiction, essentiel pour imager mon propos. Ainsi, la personnification de lieux, ou d'architectures autour d'une figure vivante (le paon de Colonnata, Evelyn McHale et l'Empire State Building...), me permet de dérouler une histoire amenant à s'identifier et à mieux identifier les problèmes et les enjeux qui résonnent fortement aujourd'hui.
À partir de documents d'archives, d'analyse d'œuvres, de photographies et de visites sur le terrain, je souhaite rapprocher des paysages distincts -ceux de la source du matériau et le site urbain où il a abouti- tout en présentant les micro-histoires qui irriguent ces lieux. En parallèle de la recherche théorique, mon travail plastique vient prolonger et qualifier mon propos en caractérisant des lieux choisis pour leur histoire particulière. Pour cela, le recours à la photographie argentique (entre autres procédés) me permet une porosité entre le « génie du lieu » et la surface sensible.
Dans un monde où catastrophes écologiques et évènements climatiques exceptionnels sont devenus hebdomadaires sinon quotidiens, il est essentiel de chercher des prismes éclairant le monde d'une lumière nuancée et peut-être plus optimiste avec l'art comme vecteur de sens.
Thesis resume
Building ever higher means digging ever deeper.
The starting point for this research is a rather simplistic observation. The vast majority of buildings erected in this world (whether in stone, earth, steel, concrete or brick) correspond to a hole, a void, an absence in the places from which raw materials are extracted.
Observing our built environment (cities or iconic buildings) leads me to symbolically and literally trace the thread between the places where building materials are extracted, and the final form these elements take in the erected building. The morphology of contemporary cities has given rise to a distinctive skyline of ever-taller towers, whose peaks and drop-offs have influenced art, cinema and social relations alike.
Using a gaze that moves vertically - from the hole to the tower - the thesis puts disparate elements into perspective, held together by a mortar of micro-histories and works of art and fiction, essential to illustrate my point. Thus, the personification of places or architectures around a living figure (the peacock of Colonnata, Evelyn McHale and the Empire State Building...), allows me to unfold a story that leads to identification and better recognition of the problems and issues that resonate strongly today.
Using archival documents, analysis of works of art, photographs and site visits, I aim to bring together distinct landscapes - those of the material's source and the urban site where it ended up - while presenting the micro-histories that irrigate these places. In parallel with my theoretical research, my visual work extends and qualifies my approach by characterizing places chosen for their particular history. To do this, I use analog photography (among other processes) to create a porous link between the "genius of the place" and the sensitive surface.
In a world where ecological disasters and exceptional climatic events have become weekly if not daily occurrences, it's essential to seek out prisms that shed a nuanced and perhaps more optimistic light on the world, with art as a vector of meaning.