Soutenance de thèse de MASON Eloïse
Titre de thèse
Vers des sols sains : de la surveillance des sols aux sciences participatives
Towards healthy soils: from soil monitoring to participatory science
Résumé de la thèse
La santé des sols, essentielle à la fourniture de services écosystémiques, se heurte aux menaces qui pèsent sur les sols dans un contexte de changements environnementaux et socio-économiques rapides. Bien que de nombreuses connaissances existent sur ces enjeux, il reste à déterminer comment celles-ci se répartissent au sein du cycle des connaissances, de leur production à leur application. Ce travail vise, dans un premier temps, à établir un état des lieux de la répartition des connaissances sur la santé des sols tout au long de ce cycle, avant de se concentrer spécifiquement sur les aspects d'harmonisation, de transfert et d'application des connaissances. Un chapitre est ainsi consacré aux méthodes de surveillance de la santé des sols. Il compare les systèmes de surveillance des sols de plusieurs pays européens au regard de la future directive sur la surveillance des sols, en prenant en compte les méthodes d'échantillonnage et les paramètres/indicateurs mesurés, tout en explorant les opportunités d'harmonisation au niveau européen. Un exemple concret de mise en œuvre d'un système national de surveillance est fourni par une étude approfondie du système français, le Réseau de Mesures de la Qualité des Sols (RMQS). En outre, ce chapitre compare les indicateurs scientifiques utilisés pour évaluer les menaces pesant sur les sols à la perception des acteurs locaux, soulignant les convergences et divergences entre ces deux approches, afin d'évaluer la possibilité d'utiliser la perception comme un indicateur parmi d'autres. Un autre chapitre, basé sur des enquêtes menées auprès de six catégories d'acteurs, explore les limites du transfert de connaissances et identifie des opportunités d'amélioration, avec la co-création comme stratégie clé pour renforcer ce transfert. Enfin, un dernier chapitre analyse le recours à une forme de co-création, les sciences participatives, dans la recherche sur les sols agricoles en Europe. Cette approche permet d'aborder simultanément l'ensemble du cycle des connaissances. Ce chapitre identifie, à partir des projets passés et en cours, les principaux facteurs de réussite et propose des recommandations pour renforcer les sciences participatives dans le domaine de la santé des sols. Ainsi, la co-création apparaît comme une solution prometteuse aux défis liés au transfert de connaissances et à la surveillance des sols, en comblant le fossé entre les indicateurs scientifiques et les perceptions des acteurs, tout en favorisant la mise en œuvre d'une gestion durable des sols, adaptée aux spécificités locales. L'ensemble de cette thèse s'appuie sur une double approche, combinant enquêtes et synthèses de la littérature.
Thesis resume
Soil health, essential for the provision of ecosystem services, faces significant threats in the context of rapid environmental and socio-economic changes. Although substantial knowledge exists on these issues, it remains to be determined how this knowledge is distributed within the knowledge cycle, from its production to its application. This work first aims to assess the distribution of soil knowledge throughout this cycle, before focusing specifically on the aspects of knowledge harmonization, transfer, and application. One chapter is dedicated to soil health monitoring methods. It compares the soil monitoring systems of several European countries in regards to the upcoming Soil Monitoring Law, considering sampling methods and the parameters/indicators measured, while exploring opportunities for harmonization at the European level. A concrete example of the implementation of a national monitoring system is provided by an in-depth study of the French system, the Soil Quality Monitoring Network (RMQS). Furthermore, this chapter compares the scientific indicators used to assess soil threats with local stakeholders' perceptions, highlighting the convergences and divergences between these two approaches to evaluate the possibility of using perception as an additional indicator. Another chapter, based on surveys conducted among six categories of stakeholders, explores the limitations of knowledge transfer and identifies opportunities for improvement, with co-creation highlighted as a key strategy to enhance this transfer. Finally, the last chapter analyzes the use of a form of co-creation, citizen science, in agricultural soil research in Europe. This approach allows for the simultaneous consideration of the entire knowledge cycle. This chapter identifies, based on past and current citizen science projects, the main success factors and offers recommendations to strengthen citizen science in the field of soil health. Thus, co-creation emerges as a promising solution to the challenges of knowledge transfer and soil monitoring, bridging the gap between scientific indicators and stakeholders' perception, while promoting the implementation of sustainable soil management practices tailored to local specificities. The entire thesis is based on a dual approach that combines surveys with literature reviews.