Soutenance de thèse de SCHIANO-LOCURCIO Claire
Titre de thèse
« Pauvres des biens terrestres, elles seront riches des grâces divines » : la pauvreté des clarisses anglaises exilées, 1609-1750.
« Poor of all earthly things, to the end they may be rich with divine graces » : the English Poor Clares' poverty, 1609-1750.
Résumé de la thèse
En 1609, la religieuse Mary Ward fonde, à Gravelines, le premier couvent de clarisses exclusivement réservé aux religieuses de nationalité anglaise. Plus tard, cette première communauté essaime trois autres établissements à Dunkerque (1625), Aire-sur-la-Lys (1629) et Rouen (1644). Ce faisant, les clarisses anglaises participent, aux côtés des dix-huit autres couvents anglais installés en exil, à la restauration du monachisme anglais et à la préservation du catholicisme menacé sur leur sol natal.
Cette thèse se propose de nuancer l'historiographie des couvents anglais qui entretient la théorie selon laquelle l'exil et l'anglicité sont les éléments définitoires et distinctifs de leur identité. Elle démontre qu'au cœur de l'identité des clarisses anglaises, le concept de stricte pauvreté joue un rôle tout aussi important que l'exil ou le caractère national. La pauvreté est un vœu commun à tous les couvents de femmes ; pourtant, chez les clarisses anglaises, il s'agit d'une richesse qu'elles entretiennent, façonnent, revendiquent. Ainsi, elle est un élément qui les démarque de leurs coreligionnaires exilées et de leurs consœurs continentales. Afin de nuancer cette singularité attribuée aux Anglaises, cette thèse étudie, en contrepoint, les communautés de clarisses françaises établies dans les régions voisines.
Cette étude repose sur un vaste corpus de manuscrits et explore, par le prisme de la pauvreté, le processus de fondation de ces communautés en exil, leur modèle économique, la nature de leurs effectifs, les conflits qui émergent au sein du cloître, mais aussi leurs productions littéraires et leur spiritualité.
Thesis resume
In 1609, Mary Ward established the first English convent of the Order of Saint Clare in Gravelines. Subsequently, this first religious house was followed by three other foundations in Dunkirk (1625), Aire-sur-la-Lys (1629), and Rouen (1644). These convents predominantly recruited Englishwomen that wanted to pursue their religious vocation. Together with the other eighteen English convents founded in exile, the English Poor Clares took part in the monastic revival on the continent and the restoration of English Catholicism which was threatened on their native land.
This research endeavours to qualify the historiography of English convents in exile by challenging the underlying assumption that exile and nationality constitute the core of their identity. It demonstrates that, at the heart of the Poor Clares' identity, the concept of strict poverty plays a role as important as that of exile or national character. While poverty is a monastic vow shared by all religious orders, for the Poor Clares it represented a precious aspect of their daily lives that they wanted to sustain, shape, and claim. Hence, it constitutes a defining element that distinguishes them from their sisters from other religious orders in exile and on the continent. To nuance this singularity attributed to the English convents, this dissertation studies, in parallel, several French convents of the Order of Saint Clare settled in the neighbouring areas.
This study is based on a vast corpus of manuscripts and analyses, through the prism of poverty, the founding process of these communities. It examines their economic model, the nature of their recruitments, the conflicts that arise from within the cloister, and their literary productions and spirituality.