Soutenance de thèse de RASSILI Outhmane


Titre de thèse

L'utilisation et le traitement de l'accentuation des mots par les auditeurs francophones

The use and processing of word accentuation by French
listeners

Date

26 septembre 2024 à 14h00

Adresse

5 Avenue Pasteur, 13090, Aix-en-Provence, B011

Ecole doctorale

Cognition, Langage, Education

Specialité

Sciences cognitives

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots clés

Traitement de la parole,Accent,Discrimination des contrastes,Tâche même-différent,MMN,Paradigme de priming de répétition,

Keywords

Speech processing,Accent,Contrast discrimination,Same-Different task,MMN,Repetition priming paradigm,

Jury

Jury de thèse
Qualité Nom Etablissement
Directrice de recherche Mme DUFOUR Sophie Aix Marseille Université
Chargée de recherche Mme MICHELAS Amandine Aix Marseille Université
Professeur des universités Mme SPINELLI Elsa Université Grenoble Alpes
Chargée de recherche Mme PETRONE Caterina Aix-Marseille Université
Directrice de recherche Mme PEPERKAMP Sharon Paris Sciences et Lettres (PSL)
Professeur des universités M. FERRAGNE Emmanuel Université Paris Cité

Résumé de la thèse

Les auditeurs francophones sont connus pour éprouver des difficultés perceptifs dans le traitement et la discrimination de l'accentuation contrastive non native des mots (i.e. contrastes de position de l'accent au sein des mots). Cela est dû au fait que l'accentuation en français est fixe au niveau syntagme et n'a aucune fonction lexicale contrastive au niveau du mot. Les mots français reçoivent une accentuation sur leur dernière syllabe lorsqu'ils sont situés à la fin du syntagme, tandis que les mots placés ailleurs restent non accentués. Ainsi, le sens des mots reste inchangé indépendamment de l'accentuation. Cette thèse de doctorat explore comment les auditeurs francophones utilisent et traitent l'accentuation des mots aux niveaux pré-lexical et lexical du traitement, grâce à des études EEG et comportementales.
La première partie de cette thèse a étudié le traitement pré-lexical de l'accentuation des mots par les auditeurs francophones. En particulier, nous avons examiné le traitement pré-lexical et la discrimination de l'accentuation native (/ʒyʁi/ vs /ʒy'ʁi/) et de l'accentuation non native (i.e. contrastes de position de l'accent au sein des mots; /ʒy'ʁi/ vs /'ʒyʁi/) par les auditeurs francophones. Nous avons ensuite examiné le traitement pré-lexical et la discrimination de l'accentuation non native (/'gidɔ̃/ vs /gi'dɔ̃/) par des apprenants français tardifs de l'espagnol. Les résultats EEG indiquent que les auditeurs francophones montrent un traitement précoce et efficace de l'accentuation native, mais pas de la position de l'accent au sein des mots. Cependant, les apprenants français tardifs de l'espagnol montrent un traitement précoce et efficace de la position de l'accent au sein des mots. Les résultats comportementaux montrent une bonne performance (haute précision) due aux processus attentionnels/décisionnels liés aux tâches de discrimination, mais une certaine difficulté à percevoir l'accentuation (TR lentes) persiste indépendamment de la nature de l'accentuation ou du niveau de compétence linguistique.
La deuxième partie de cette thèse a étudié le traitement lexical de l'accentuation par les auditeurs francophones. Cette partie a examiné comment l'accentuation des mots est représentée et traitée pendant la reconnaissance des mots parlés. En utilisant un paradigme de priming dans une situation d'écoute dichotique, nous avons exploré les différences hémisphériques dans le traitement de l'accentuation des mots. Nos résultats montrent que l'accentuation affecte le traitement des mots lorsque le traitement est limité à l'hémisphère droit uniquement.
Dans l'ensemble, cette thèse de doctorat contribue de manière significative à notre compréhension du traitement et de la représentation de l'accentuation par les auditeurs francophones. Nos résultats concluent qu'au niveau pré-lexical, bien que les auditeurs francophones présentent des difficultés à discriminer les contrastes accentuels, ils traitent néanmoins l'accentuation native avec succès lors du traitement précoce de bas niveau. De plus, les auditeurs francophones ne parviennent pas à traiter efficacement l'accentuation non native (la position de l'accent au sein des mots) lors des processus précoces de bas niveau, cependant, nos résultats montrent que l'acquisition d'une seconde langue avec une accentuation contrastive comme l'espagnol peut améliorer efficacement la perception des auditeurs francophones de l'accentuation non native et des contrastes de position de l'accent au sein des mots. En outre, au niveau lexical, notre étude conclut que l'accentuation peut affecter la reconnaissance des mots parlés lorsque le traitement est limité à l'hémisphère droit uniquement, indiquant ainsi que l'accentuation en français est traitée comme une information non linguistique au niveau du mot. Nos résultats soutiennent l'existence d'un système de mémoire détaillée dans l'hémisphère droit, tandis qu'un système de mémoire abstraite opère dans l'hémisphère gauche.


Thesis resume

French listeners are known to exhibit perceptual difficulties in processing and discriminating non-native contrastive word accentuation (i.e. contrasts of word accent
position). This is due to French accentuation being fixed at the phrasal level, and
bearing no contrastive lexical function at the word level. French words receive accentuation on their last syllable when positioned at the end of the accentual phrase,
while words positioned elsewhere remain unaccented. Thus, the meaning of words
remains unchanged regardless of accentuation. This doctoral dissertation explores
how French listeners use and process word accentuation at pre-lexical and lexical levels of processing, through means of electroencephalography (EEG) and behavioral
methodology.
The first part of this dissertation investigated the pre-lexical processing of word
accentuation by French listeners. Particularly, we have examined the pre-lexical processing and discrimination of native accentuation (/ʒyʁi/ vs /ʒy'ʁi/) and non-native
accentuation (i.e. contrasts of word accent position; /ʒy'ʁi/ vs /'ʒyʁi/) by French listeners. We then examined pre-lexical processing and discrimination of non-native accentuation (/'gidɔ̃/ vs /gi'dɔ̃/) by French late learners of Spanish. The EEG results indicate that French listeners exhibit successful early low-level processing of native accentuation but not of word accent position. However, French late learners of Spanish do show successful early low-level processing of word accent position. The behavioral results show good performance (high accuracy) due to attentional/decisional processes linked to discrimination tasks, but some difficulty in perceiving accentuation (slow RTs) is persistent regardless of the nature of accentuation or linguistic proficiency.
The second part of this dissertation investigated the lexical processing of accentuation by French listeners. This part examined how word accentuation is represented and processed during spoken word recognition. By employing a priming paradigm in a dichotic listening situation, we probed into hemispheric differences in the processing of word accentuation. Our findings show that accentuation affects the processing of words when the processing is constrained to the right hemisphere only.
Overall, this doctoral dissertation contributes significantly to our understanding of the processing and representation of accentuation by French listeners. Our findings conclude that in the pre-lexical level, while French listeners exhibit some difficulties in discriminating accentual contrasts, they nonetheless process native accentuation successfully in early low-level processing. Additionally, French listeners fail to successfully process non-native accentuation (i.e., word accent position) during early low-level processes, however, our results show that the acquisition of a second language with contrastive accentuation such as Spanish, can be efficient in improving French listeners' perception of non-native accentuation and contrasts of word accent position. Furthermore, at a lexical level, our investigation concludes that accentuation can affect spoken word recognition when the processing is constrained to the right hemisphere only, thus indicating that accentuation in French is processed as non-linguistic information at the word level. Our findings support the existence of a fine-grained memory system in the right hemisphere, while an abstract memory system operates in the left hemisphere.