Soutenance de thèse de Claire ANSBERQUE

Ecole Doctorale
Sciences de l'Environnement
Spécialité
Géosciences de l'Environnement
établissement
Aix-Marseille Université
Mots Clés
Faille décrochante,Comportement sismogénique,images Pléiades,Radionucléides,Thermochronologie,
Keywords
Strike-slip fault,Sismogenic behavior,Pleiades images,Radionuclides,Thermochronology,
Titre de thèse
Etude tectonique et géomorphologique de la zone de faille de Longriba, Est Tibet
Tectonic and geomorphology study of the Longriba faults zone, East Tibetan Plate
Date
Lundi 11 Avril 2016
Adresse
Technopôle de l'Arbois-Méditerranée, BP80, 13545 Aix en Provence cedex 4
Amphithéâtre
Jury
Directeur de these Olivier BELLIER AMU CEREGE
CoDirecteur de these Vincent GODARD AMU CEREGE
Rapporteur Claudio FACCENNA Université de Roma Tre
Rapporteur Jérôme VAN DER WOERD CNRS, Université de Strasbourg
Examinateur Christine AUTHEMAYOU Université de Bretagne Occidentale
Examinateur Julia DE SIGOYER ISTerre, Université Joseph Fourier de Grenoble
Examinateur Carole PETIT Université Nice Géoazur

Résumé de la thèse

Ce manuscrit concerne l'analyse géomorphologique et tectonique du système de failles de Longriba (LFS). Celui-ci est localisé à l'Est du plateau tibétain, à environ 200 km au NO de la chaîne des Longmen Shan et est constitué de deux zones de failles décrochantes dextres, parallèles et d'orientation N55°E : la faille de Longriqu, au Nord, et la faille de Maoergai, au Sud. Le rôle géodynamique de ce système est primordial; il accommode 5 ± 1 mm/an de la composante décrochante induite par la convergence oblique du bloc Aba, elle-même liée à la collision Inde-Asie. L'analyse d'images Pléiades de haute résolution (50 cm), couplée à une analyse de terrain, a permis de définir la segmentation du système et d'appréhender son comportement sismogénique Holocène. La faille de Longriqu apparaît comme une structure mature avec une vitesse de déplacement latérale de 3.2 ± 1.1 mm/an et possède un comportement sismique caractéristique. La faille de Maoergai, très segmentée, apparaît moins mature. Des variations de pendages sont observées le long de cette faille témoignant d'un pendage sub-vertical vers le NO et de son caractère hérité. L'activité décrochante de la faille de Maoergai est, d'après des reconstitutions de paléo-reliefs et des données de paléosismicité préexistantes, estimée au Miocène. L'analyse des vitesses de dénudation, par la méthode des nucléides cosmogéniques (10Be), a permis de mettre en évidence un gradient de vitesses de dénudation croissant depuis les zones de bas relief et de hautes altitudes du Plateau vers les Longmen Shan, contrôlé par le LFS. Au travers de ce dernier, les vitesses augmentent brutalement de moins de 0.1 mm/an au Nord, à 0.3-0.6 mm/an au Sud. Combinée avec une analyse morphologique, ces résultats permettent de proposer que le LFS sépare un domaine préservé de l'érosion régressive d'un domaine déjà bien incisé. Je propose d'autre part une réorganisation du réseau de drainage de la Minjiang, drainant la marge Est tibétaine, lié à la réactivation de la faille de Maoergai, c'est-à-dire au Miocène. Enfin le gradient de vitesses d'exhumation, quantifiées par des données de thermochronologie basse température, se corrèle parfaitement à celui des taux de dénudation cour terme. L'exhumation du bloc Aba se serait brutalement arrêtée autour de 100 Ma, après une rapide phase d'exhumation. Au niveau du LFS, l'exhumation est restée constante depuis ~80 Ma, alors qu'au SE du LFS, l'exhumation s'est brutalement accélérée à 10 Ma probablement en lien avec une vague d'érosion régressive au sein du bassin de la Minjiang. Ces résultats supportent la présence de zones reliques de bas relief au NO du LFS, présentent à hautes altitudes avant la fin du Cénozoïque. Cette étude permet également d'envisager que la faille de Maoergai, en particulier, est active entre 10 Ma et l'actuel avec une composante verticale non négligeable.

Thesis resume