Soutenance de thèse de URION Marie-Caroline
Titre de thèse
Le traitement de la surpopulation carcérale
The treatment of prison overcrowding
Résumé de la thèse
La surpopulation carcérale, phénomène structurel pérenne, reste dépourvue d'encadrement juridique, et même de définition. Ses causes principales sont à chercher essentiellement dans l'évolution des politiques pénales et de leur pratique. Cependant, les réponses qu'elles apportent demeurent largement insuffisantes. Considérées comme duales ou paradoxales, leurs contradictions ont progressivement fragilisé leur portée et contribué à amplifier ce phénomène. Mais, réduire la surpopulation carcérale à une inadéquation entre le nombre de places disponibles en établissement et celui des personnes détenues occulterait les réalités vécues par les agents pénitentiaires. Pour lutter efficacement contre ce phénomène, il apparait nécessaire de dépasser une lecture strictement statistique et d'envisager une redéfinition par l'intégration d'une approche juridique, également fondée sur une conception subjective de la surpopulation carcérale. Ce nouveau prisme permettrait d'envisager la création d'un mécanisme de régulation carcérale contraignant, s'imposant à tous les acteurs. Un tel dispositif contribuerait également à revaloriser la maison d'arrêt, actuellement axée sur la gestion des flux quotidiens et la gestion de sa surpopulation carcérale, en renforçant la pratique des acteurs pénitentiaires et en favorisant un traitement différencié des personnes détenues, tourné vers la réinsertion.
Thesis resume
Prison overcrowding, a persistent structural phenomenon, remains devoid of a legal framework and, in particular, of a definition. Its main causes lie primarily in the evolution of penal policies and their practice. However, the responses provided by them remains insufficent. Considered dual or paradoxical, their contradictions have gradually weakened their coherence and contributed to amplifying this phenomenon. However, to reduce prison overcrowding to a numerical imbalance between places available in establishments and the numbers of inmates will overlook the local realities faced by prison staff. To effectively address this phenomenon, it is necessary to move beyond a statistical interpretation and consider a redefinition by integrating a legal analysis, based on a subjective conception of overcrowding. This new prism would pave the way for the creation of a binding prison regulation mechanism, enforceable upon all institutional actors. Such a system would also contribute to revaluing the remand prison, currently focused on managing daily flows and overcrowding, by strengthening practices and promoting differentiated treatment of inmates, oriented toward reintegration.