Soutenance de thèse de SEYTOR Laure-Anne
Titre de thèse
Changer le regard sur les handicaps par l'activité physique. Effets de la pratique sportive sur les stéréotypes associés aux personnes en situation de handicap
Changing perceptions of disability through physical activity: effects of sport participation on stereotypes towards people with disability
Résumé de la thèse
Les personnes en situation de handicap représentent 16% de la population mondiale et constituent un groupe social souvent victime de discrimination (Organisation Mondiale de la Santé, 2023). Plusieurs études ont montré que ces discriminations découlent en grande partie des stéréotypes traditionnellement associés aux personnes en situation de handicap, davantage que de barrières causées par une déficience (Bonaccio et al., 2020 ; Louvet, 2007). La pratique d'une activité physique semble un levier pertinent pour modifier ces stéréotypes notamment à travers le phénomène de l'exerciser stereotype qui associe la pratique sportive à des attributs personnels plus favorables (Arbour et al., 2007 ; Martin et al., 2000 ; Kittson et al., 2013). Cependant, un nombre limité d'études s'est intéressé à l'application de ce phénomène aux personnes en situation de handicap.
L'objectif de cette thèse est de contribuer à identifier les effets de la pratique sportive sur les stéréotypes à l'égard des personnes en situation de handicap en distinguant le type de handicap (physique ou mental) et les modalités de pratique sportive (de haut niveau ou récréative). Une première étude porte sur les jugements groupaux et examine l'influence de la terminologie relative au handicap, en général ou spécifique à la pratique sportive, sur les stéréotypes. Les études 2 et 3 s'intéressent aux jugements interpersonnels en interrogeant le rôle du niveau de pratique dans les évaluations d'une cible présentant respectivement un trouble du spectre de l'autisme (Etude 2) et une amputation des membres supérieurs (Etude 3). L'étude 4 évalue les stéréotypes implicites à l'égard des personnes avec un handicap physique et mental en fonction de leur statut sportif à l'aide de tests d'associations implicites (IAT classiques et Single Category-IAT).
Ce programme doctoral contribue à approfondir la littérature sur l'exerciser stereotype, en mobilisant une approche intégrative à la fois théorique, méthodologique et empirique. Nos résultats mettent en évidence des effets robustes de la pratique sportive sur les perceptions de compétence en particulier, qui semblent fortement liés à une amélioration des perceptions d'assertivité. Les différences observées selon le type de handicap, le niveau de pratique sportive, le type de jugement (groupal ou interpersonnel) ou le contexte de jugement (relatif ou absolu), discutées dans ce travail doctoral contribuent à enrichir la compréhension des mécanismes sous-jacents à l'exerciser stereotype. En participant à identifier les conditions favorables à une meilleure reconnaissance sociale des personnes en situation de handicap, cette thèse s'inscrit dans une perspective de promotion de l'inclusion et de lutte contre les discriminations.
Thesis resume
People with disability represent 16% of the global population and are part of a social group that is often subject to discrimination (World Health Organization, 2023). Several studies have shown that these discriminations are more related to stereotypes traditionally associated with people with disability than to actual barriers caused by an impairment (Bonaccio et al., 2020; Louvet, 2007). Sport participation appears to be an effective lever for improving these stereotypes, particularly through the phenomenon of the exerciser stereotype (Arbour et al., 2007; Martin et al., 2000; Kittson et al., 2013). However, only a limited number of studies have examined the application of this phenomenon to people with disability.
The aim of this thesis is to contribute to identifying the effects of sports participation on stereotypes towards people with disability, distinguishing in particular between the type of disability concerned (physical or mental) and the level of sport participation (elite or recreational). A first study focuses on group judgments by examining the role of terminology related to disability, in general and specific to sport participation, on stereotypes. Studies 2 and 3 look at interpersonal judgments by examining the role of the level of practice in judgments about a target with autism (Study 2) and a target with upper limb amputation (Study 3). Study 4 focuses on implicit stereotypes towards people with physical and mental disabilities based on their athlete status, using classic Implicit Association Tests (IAT) and Single Category IATs.
This doctoral research program contributes to the literature on the exerciser stereotype by employing an integrative approach that is theoretical, methodological, and empirical. Our results illustrate the robust effects of the exerciser stereotype on perceptions of competence in particular, which appear to be strongly linked to improved perceptions of assertiveness. The differences observed according to type of disability, level of sport participation, type of judgment (group or interpersonal), or context of judgment (relative or absolute), discussed in this doctoral work, contribute to a richer understanding of the mechanisms underlying the exerciser stereotype. By helping to identify the conditions conducive to greater social recognition of people with disabilities, this thesis is part of a broader effort to promote inclusion and fight against discrimination.