Soutenance de thèse de MARCOURT Cécile
Titre de thèse
Étude des effets de différents entraînements en endurance sur les marqueurs de plasticité cérébrale et du métabolisme énergétique ainsi que sur les fonctions cognitives chez le rat âgé
Investigation of the effects of different endurance training programmes on markers of brain plasticity and energy metabolism, as well as on cognitive functions in aged rats
Résumé de la thèse
De nos jours, la population mondiale est de plus en plus vieillissante comme démontré par un allongement de l'espérance de vie au cours de ces dernières décennies. Néanmoins, ce vieillissement s'accompagne généralement de problèmes de santé diminuant ainsi la qualité de vie. Parmi les stratégies non pharmacologiques proposées pour l'éviter, l'exercice d'endurance est désormais considéré comme efficace, particulièrement au niveau des performances cognitives chez les personnes âgées. Ces gains sont notamment médiés par une amélioration des capacités d'endurance et de la stimulation de régions cérébrales sensibles à l'exercice incluant l'hippocampe et le cortex préfrontal qui jouent un rôle primordial sur la cognition. L'utilisation du modèle animal permet d'étudier de manière plus précise les différents mécanismes cérébraux sous-jacents à ces bénéfices comportementaux. Dans la littérature, les modalités d'entrainement d'endurance les plus fréquemment étudiées sont les exercices d'intensité modéré continu (MICT) et ceux d'intensité plus intense réalisés par intervalle (HIIT). Toutefois, leurs répercussions respectives sur les mécanismes cérébraux et sur les performances cognitives restent inconnues chez le rongeur âgé. Ainsi, l'objectif de cette première étude de thèse visait à l'étudier tout en respectant les notions indispensables des protocoles d'entraînement que sont l'individualisation, la progression et le calibrage de l'intensité. Le contrôle de l'ensemble de ces paramètres a permis de se rapprocher des conditions cliniques et ainsi mieux comprendre les mécanismes qui sous-tendent ces gains cognitifs. Les résultats montrent une supériorité du HIIT par rapport au MICT sur l'endurance mais des effets équivalents sur la mémoire à court terme. En revanche, des voies moléculaires distinctes et complémentaires sont employées par chacune des stratégies avec le MICT qui agit à plus large spectre. Dans un second temps, l'objectif de la deuxième étude était de tester les effets respectifs de ces deux protocoles d'exercice sur le métabolisme cérébral connu pour également être impacté par le vieillissement et interagissant avec les fonctions cognitives. Dans le même sens que la première étude, nos résultats montrent un effet plus large du MICT que le HIIT sur le métabolisme énergétique dans le cortex et l'hippocampe des rongeurs âgés. Pour finir, la dernière étude a été conçue de manière à pallier deux des limites observées majoritairement dans la littérature. La première réside dans le fait que les mâles sont presque toujours uniquement étudiés dans les études précliniques, ce qui rend les résultats transférables uniquement pour les hommes et non les femmes. La seconde est liée à l'absence de mesures intermédiaires pendant un protocole d'exercice ne permettant donc pas de suivre l'évolution des variables testées au cours du temps. Dans ce contexte, l'objectif de la dernière étude est d'évaluer les effets de 8 semaines de MICT chez des rats femelles vieillissantes sur l'endurance, la cognition, les voies moléculaires cérébrales en y incluant des mesures intermédiaires afin de suivre leur évolution. Nos résultats révèlent un gain en performance d'endurance dès 2 semaines d'exercice, alors que les gains cognitifs sont plus tardifs (4 semaines). Des effets dynamiques sont retrouvés sur les marqueurs cérébraux renforçant l'intérêt de les mesurer de manière transitoire plutôt que de manière ponctuelle.
Thesis resume
Nowadays, the worldwide population is aging, as demonstrated by increased life expectancy over recent decades. However, this aging is generally accompanied by health issues that reduce quality of life. Among the non-pharmacological strategies proposed to prevent this, endurance exercise is now considered effective, particularly in terms of cognitive performance in older people. These gains are mediated by improved endurance capacity and stimulation of exercise-sensitive brain regions, including the hippocampus and prefrontal cortex, playing a key role in cognition. The use of animal models allows for a more precise study of the various brain mechanisms underlying these behavioural benefits. In the literature, the most frequently studied endurance training modalities are moderate-intensity continuous training (MICT) and high-intensity interval training (HIIT). However, their respective effects on brain mechanisms and cognitive performance remain unknown in older rodents. The objective of this first thesis study was therefore to investigate this while respecting the essential principles of training protocols, namely individualization, progression, and intensity calibration. Controlling all these parameters made it possible to approximate clinical conditions and thus better understand the mechanisms underlying these cognitive gains. The results show that HIIT is superior to MICT in terms of endurance but has equivalent effects on cognition. However, distinct and complementary molecular pathways are used by each of the strategies, with MICT acting on a broader spectrum. The objective of the second study was to test the respective effects of these two exercise protocols on brain metabolism, which is also known to be impacted by aging and to interact with cognitive functions. In line with the first study, our results show that MICT has a greater effect than HIIT on energy metabolism in the cortex and hippocampus of aged rodents. Finally, the last study was designed to overcome two of the limitations most observed in the literature. The first is that males are almost always the only subjects studied in preclinical studies, meaning that the results are only transferable to men and not women. The second is related to the absence of intermediate measurements during an exercise protocol, which makes it impossible to track the evolution of the variables tested over time. In this context, the objective of the latest study is to evaluate the effects of 8 weeks of MICT in aging female rats on endurance, cognition, and molecular pathways in the brain, including intermediate measurements to follow their evolution. Our results demonstrate an effect on endurance after just two weeks of exercise, while the effect on cognition is more delayed (four weeks). Dynamic effects are found on brain markers, reinforcing the value of measuring them on an ongoing basis rather than at specific timepoint.