Soutenance de thèse de REAL MOLINA Soel


Titre de thèse

Prendre soin des personnes LGBTQI qui consomment des drogues. Les travailleur·ses de la réduction des risques face aux inégalités sociales de santé

Caring for LGBTQI substance users. Harm reduction workers and social inequality in health

Date

5 décembre 2025 à 13h30

Adresse

Bâtiment principal Faculté des sciences médicales et paramédicales 27 Bd Jean Moulin 13005 Marseille, 1

Ecole doctorale

Recherches Biomédicales

Specialité

RECHERCHES BIOMEDICALES Santé publique

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots clés

LGBTQI,Soin,Réduction des risques,Santé communautaire,Inégalités sociales de santé,

Keywords

LGBTQI,Care,Harm reduction,Community health,Social inequality in health,

Jury

Jury de thèse
Qualité Nom Etablissement
Chargé de recherche M. GIRARD Gabriel Inserm, SESTIM
Professeure des universités Mme PITTI Laure Université Sorbonne Paris Nord
Professeure des universités M. FLORES-ARANDA Jorge Université du Québec à Montréal
Directrice de recherche Mme SIMONET Maud CNRS, IDHES
Maîtresse de conférences Mme MARSICANO Elise Université de Strasbourg
Maître de conférences Mme PERRIER Gwenaëlle Université Sorbonne Paris Nord

Résumé de la thèse

Les minorités sexuelles et de genre tendent à avoir des consommations de drogues plus importantes et plus diversifiées que les personnes cis hétérosexuelles ; ces pratiques constituent des supports de sociabilité, d'expérimentations et de subjectivations positives en-dehors de l'hétéronormativité, aussi bien qu'une manifestation de stress minoritaire à l'origine de problèmes de santé globale. Dans ce contexte, le cadre actuel de soin reproduit les inégalités sociales de santé qui affectent ces usager·ères : il néglige leurs besoins multidimensionnels, déstructure leurs parcours de santé et entretient les discriminations et violences intersectionnelles à leur encontre – et ce pour des raisons à la fois structurelles, organisationnelles et individuelles. Cependant, des acteur·ices situé·es à l'interface entre communautés et institutions de soin œuvrent à tordre ce cadre à travers des mobilisations interprofessionnelles, des dispositifs expérimentaux et des pratiques infra-politiques. Cette thèse, à la croisée des sciences politiques et de la santé publique, propose d'analyser ces enjeux à une échelle territoriale, en prenant appui sur une enquête ethnographique menée à Marseille (France) de 2021 à 2024. Il en ressort que les trajectoires minorisées, militantes et professionnelles des acteur·ices les conduisent à politiser la santé ; elles les dotent des savoirs situés propices au repérage des besoins des usager·ères LGBTQI et à l'élaboration de réponses à la fois individualisées et holistiques. En cela, ces travailleur·ses apparaissent comme un remède à l'ignorance genrée du système de santé ; néanmoins, leurs caractéristiques sociales et leur positionnement interstitiel les surexposent à l'exploitation. Leurs conditions matérielles de travail sont au cœur de la capacité du système de santé à bien prendre soin des usager·ères minorisé·es – plus encore, le déploiement et la pérennisation de ces approches communautaires et politisées est susceptible de transformer l'intervention médico-sociale dans son ensemble.


Thesis resume

Sexual and gender minorities tend to have higher and more diverse drug use than cisgender heterosexual individuals; these practices facilitate socializing, experimentation, and positive subjectivities outside of heteronormativity, but are also a manifestation of minority stress that causes global health problems. In this context, the current healthcare framework reproduces the social inequalities in health that affect these users: it neglects their multidimensional needs, disrupts their care pathways, and perpetuates intersectional discrimination and violence against them—all for structural, organizational, and individual reasons. Nevertheless, some actors situated between communities and healthcare institutions are working to change this framework through inter-professional movements, experimental initiatives, and infra-political practices. This doctoral research, at the intersection of political science and public health, analyzes these issues on a territorial scale, drawing on an ethnographic study conducted in Marseille (France) from 2021 to 2024. What emerges from it is that the activist, minority and professional trajectories of these field workers enable them to politicize health; they provide them with the situated knowledges needed to identify the needs of LGBTQI users and elaborate interventions that are both individualized and holistic. In this respect, these workers appear to be a remedy for the gendered ignorance of the healthcare system; nevertheless, their social characteristics and interstitial positioning exacerbate their exposure to exploitation. Their material working conditions are central to the ability of the healthcare system to care for marginalized users— what's more, the deployment and perpetuation of these community-based and politicized approaches is likely to transform medicosocial intervention as a whole.