Soutenance de thèse de MURA Maria Luisa


Titre de thèse

La Provence de Jean Giono et la Sardaigne de Giuseppe Dessì. Approches expérientielles de lecture et de revitalisation de deux écritures à traverser

Jean Giono's Provence and Giuseppe Dessì's Sardinia: experiential approaches to reading and revitalizing two writings to be traversed

Date

6 décembre 2025 à 14h00

Adresse

Maison de la recherche, AIX MARSEILLE UNIVERSITE 29 avenue Schuman 13621 Aix en Provence, Salle Colloque 1

Ecole doctorale

Langues Lettres et Arts

Specialité

LANGUES, LITTERATURES ET CIVILISATIONS ROMANES : Etudes italiennes

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots clés

Jean Giono,Giuseppe Dessi,paysages littéraires,patrimonialisation de la littérature,écocritique matérielle,tourisme littéraire,

Keywords

Jean Giono,Giuseppe Dessi,literary landscapes,patrimonialization of literature,material ecocriticism,literary tourism,

Jury

Jury de thèse
Qualité Nom Etablissement
Professeur des universités M. GOUCHAN Yannick Aix Marseille Université
Professeure des universités Mme FLICKER Corinne Aix-Marseille Université
Professeur émérite M. MORZEWSKI CHRISTIAN Unversité d'Artois
Professeur des universités M. ZIDARIC WALTER Université de Nantes
Maîtresse de conférences Mme LABBE MATHILDE Université de Nantes
Maître de conférences M. CAPECCHI Giovanni Università per gli Stranieri di Perugia
Maîtresse de conférences Mme SULIS GIGLIOLA University of Leeds
Professeur des universités M. RUGGIERO RAFFAELE AIX-MARSEILLE UNIVERSITE

Résumé de la thèse

Cette thèse se propose d'interroger les rapports de réciprocité qui se produisent entre la création diégétique des espaces et la construction littéraire des territoires, à travers une lecture croisée de la Provence de Jean Giono (1895-1970) et de la Sardaigne de Giuseppe Dessì (1909-1977). Ces territoires occupant une place centrale dans la vie et dans la réflexion des écrivains, leurs processus d'institution narrative relèvent d'un travail minutieux de textualisation de l'élément naturel, qui tend à (dés)orienter le regard sur ces régions vers une perspective de continuité fondatrice entre temp humain et temps de la nature en mesure de suggérer d'autres manières pour habiter l'Histoire, voire pour en contester le cours et les effets à l'échelle locale.
Cette dimension ré-existentielle étant présente dans le discours patrimonial en acte au sein du champ Institutionnel majeur (à Manosque en Provence et à Villacidro en Sardaigne), nous observons néanmoins une certaine forme de (dés)orientation végétale des pratiques provenant d'acteurs non institutionnels. Leur proposition repose, en effet, sur la volonté de réactiver ces écritures à partir d'une mise en expérience textuelle de la montagne et de la forêt, en conformité avec la perspective d'hybridation écosystémique ouverte, textuellement, par les écrivains ; un exercice qui semble suggérer d'autres perspectives d'usage territorial du texte, en continuité sensible avec les matières de l'espace traversé.
À partir de l'analyse comparée d'un corpus varié de textes, de cartes et d'entretiens menés sur le terrain – et grâce à l'expérience directe d'actions géo-littéraires concrètes élaborées dans les deux régions – ce travail vise à proposer un parcours original de fréquentation et de (ré)découverte narrative de ces (bio)régions, afin d'interroger ainsi des méthodes et des stratégies originales pour repenser la patrimonialisation de la littérature comme une pratique de greffe, à la fois outil d'enquête territoriale et instrument de conscientisation narrative de nos manières d'habiter le réel.


Thesis resume

This dissertation sets out to investigate the reciprocal relationships that emerge between the diegetic creation of spaces and the literary construction of territories, through a comparative reading of Jean Giono's Provence (1895–1970) and Giuseppe Dessì's Sardinia (1909–1977). As these territories occupy a central place in both the lives and the creatives reflections of the writers, their processes of narrative institution entail a meticulous textualization of the natural element. Such a process tends to (dis)orient the gaze upon these regions toward a foundational continuity between human time and natural time, one capable of suggesting alternative ways of inhabiting History, or even of contesting its course and effects on a local scale.
This re-existential dimension being present in the heritage discourse in action within the major institutional field (in Manosque, Provence, and in Villacidro, Sardinia), nonetheless finds expression in a certain (dis)orientation of vegetal practices stemming from non-institutional actors. Their proposals, in fact, are grounded in the desire to reactivate these writings by means of a textual experience of mountain and forest, in alignment with the perspective of ecosystemic hybridization that the writers themselves opened, textually. Such an exercise appears to suggest other ways of conceiving the territorial uses of literature, in a sensitive continuity with the materiality of the traversed space.
Drawing on the comparative analysis of a varied corpus of texts, maps, and interviews conducted in the field – as well as on the direct experience of concrete geo-literary practices developed in both regions – this study aims to propose an original itinerary of engagement and narrative (re)discovery of these (bio)regions. In so doing, it seeks to interrogate new methods and strategies for rethinking the patrimonialization of literature as a practice of grafting : at once a tool of territorial inquiry and an instrument for the narrative conscientization of our modes of inhabiting the real.