Soutenance de thèse de BENEST Tom


Titre de thèse

Étude de la composition de la nébuleuse protosolaire et de son rôle dans la formation des planètes géantes et des lunes Galiléennes

Study of the composition of the protosolar nebula and its role in the formation of giant planets and Galilean moons

Date

1 décembre 2025 à 14h00

Adresse

Laboratoire d'Astrophysique de Marseille, 38 Rue Frédéric Joliot Curie, 13013 Marseille, Amphithéâtre

Ecole doctorale

Physique et Sciences de la Matière

Specialité

PHYSIQUE & SCIENCES DE LA MATIERE - Spécialité : ASTROPHYSIQUE ET COSMOLOGIE

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots clés

Astrobiologie,Système solaire,Formation planétaire,Matière primitive,Disques protoplanétaire,Lunes Galiléennes,

Keywords

Astrobiology,Solar System,Planetary formation,Primitive matter,Protoplanetary disks,Galilean moons,

Jury

Jury de thèse
Qualité Nom Etablissement
Professeur M. MOUSIS Olivier LAM, Aix Marseille Université
Associate Professor Mme CAZAUX Stéphanie Delft University of Technology
Professeur M. ANDRé Nicolas ISAE-SUPAERO, Toulouse
Astronome M. LAINEY Valéry Observatoire de Paris
Chargé de recherche M. VERNAZZA Pierre LAM, CNRS, Marseille
Directeur de recherche M. GUILLOT Tristan Lagrange,Observatoire de la Côte d'Azur, Nice

Résumé de la thèse

Cette thèse explore la formation des planètes géantes du Système solaire et de leurs lunes à travers l'étude de la composition de la nébuleuse protosolaire (PSN). L'intérêt porté au potentiel des lunes glacées comme environnements favorables à la vie constitue également une motivation majeure de ce travail.
La première partie s'intéresse à la structure interne d'Uranus, à partir des mesures de son rapport D/H et de la composition de son atmosphère, ainsi qu'à l'origine des compositions enrichies en carbone des planètes géantes. L'étude s'appuie sur un modèle d'évolution de la PSN et de sa composition volatile, comparant les abondances simulées avec celles observées dans les planètes géantes. Les résultats indiquent que les éléments constitutifs d'Uranus et Neptune se sont probablement formés près de la ligne de glace du CO. De plus, la valeur du rapport D/H d'Uranus est compatible avec une structure interne qui ne serait pas dominée par la glace d'eau, mais inclurait d'autres espèces traces ou un mélange de roches et de glaces. Enfin, l'enrichissement en carbone des planètes géantes apparaît cohérent avec une formation de leurs constituants dans la PSN entre 4 et 15 UA, région où le rapport C/O est similaire.
La deuxième partie porte sur la formation de molécules organiques complexes (COMs), considérées comme des ingrédients essentiels de la vie et détectées dans les comètes et les lunes glacées. Leur formation dans la PSN et leur transport vers l'orbite de Jupiter, où elles pourraient s'incorporer dans le disque circumplanétaire (CPD), ont été étudiés grâce à un modèle lagrangien calculant les trajectoires de particules. Celui-ci simule les conditions de température et d'irradiation UV subies par les grains glacés, pour les comparer aux conditions des expériences de laboratoire formant des COMs. Les résultats montrent que la majorité des particules (mesurant de 1 μm à 1 cm) favorisent la formation de COMs, mais que moins de 50 % d'entre elles parviennent à les transporter jusqu'à l'orbite de Jupiter, certains cas n'en transportant aucune. En combinant ce modèle avec un modèle d'évolution du CPD, il apparaît que les briques constitutives des lunes galiléennes pourraient être riches en COMs si leur formation s'est produite entre 4 et 50 RJup.
Ce travail constitue une première étape vers une meilleure compréhension de l'histoire et de la composition des planètes géantes et de leurs lunes, en attendant les missions JUICE et Europa Clipper, qui fourniront des données plus précises sur les lunes galiléennes.


Thesis resume

This thesis explores the formation of giant planets and their icy moons through the study of the composition of the protosolar nebula (PSN). Additionally, the high potential of icy moons for sustaining life is another motivation for this study.
The first part of this thesis focuses on the internal composition of Uranus, in particular based on measurements of its D/H ratio and its atmospheric composition, as well as its formation conditions in the PSN. This study also investigates the origin of the carbon-rich composition of the giant planets. This study uses a model that calculates the evolution of the PSN and its trace species to determine the evolution of their abundance and compare it to the present-day composition of the giant planets. The results suggest that Uranus and Neptune likely formed near the CO iceline within the PSN. Moreover, the D/H ratio measurement of Uranus is consistent with an internal structure that is not predominantly composed of water ice, but also other trace species or a mix of rock and ice. Additionally, this study shows that the supersolar carbon enrichment in the giant planets aligns with a formation of their building blocks in the 4-15 AU region of the PSN, where the C/O ratio is similar.
vspace{0.25cm}
The second part of this thesis focuses on the formation of complex organic molecules (COMs), considered essential ingredients for life and detected in comets and icy moons. This study examines their formation within the PSN and delivery to Jupiter's orbit, where they could be incorporated into the Jovian circumplanetary disk (CPD). A Lagrangian particle-tracking model was developed to simulate the temperature and UV irradiation experienced by icy particles, comparing these conditions to those that trigger COM formation in laboratory experiments. Computing the transport of particles ranging in size from 1 μm to 1 cm suggests that a majority of particles in the PSN undergo COM formation. However, particles capable of carrying COMs to Jupiter's orbit represent less than 50 % of the simulated particles, with some cases showing no success at all. By combining this particle-tracking model with a Jovian CPD model, this study demonstrates that the Galilean moons' building blocks could be COM-rich if they formed between 4 and 50 RJup.
This study is an initial step toward better understanding the history and composition of giant planets and their moons while awaiting the JUICE and Europa Clipper missions, which will provide more precise data on the composition of the Galilean moons.