Soutenance de thèse de LOPEZ Santiago
Titre de thèse
Essais sur les Politiques Publiques et les Inégalités
Essays on Public Policies and Inequality
Résumé de la thèse
Cette thèse étudie les interactions entre inégalités et politiques publiques dans la mise en œuvre de la redistribution, de l'assurance sociale et de la fourniture de biens publics. À travers trois essais, elle montre que les différences économiques, démographiques et comportementales influencent non seulement la conception et le soutien politique des politiques publiques, mais qu'elles sont également façonnées par ces dernières. L'analyse combine des outils d'économie publique, d'économie politique et d'économie comportementale afin de comprendre comment les politiques émergent de sociétés hétérogènes et, en retour, en modifient la structure. Le premier chapitre étudie comment les inégalités de revenus et d'espérance de vie interagissent pour déterminer la structure d'un système de retraite choisi démocratiquement. En s'appuyant sur un modèle de vote probabiliste avec des agents hétérogènes pouvant compléter le régime public par une épargne volontaire, il montre que les inégalités de revenus accroissent la demande politique de redistribution, tandis que les inégalités de durée de vie la réduisent — générant un emph{« compromis ressource–temps »} qui contribue à expliquer la diversité des systèmes de retraite entre pays. Le deuxième chapitre analyse comment les motivations morales conditionnent la relation entre inégalités et choix collectif. En comparant une société d'agents purement intéressés à une autre où les citoyens agissent selon une règle morale dans leur contribution à un bien public, il montre que la moralité améliore l'efficacité grâce à la contribution volontaire, mais peut paradoxalement réduire la redistribution et accroître les inégalités en affaiblissant le soutien politique à la fiscalité et aux transferts collectifs. Le troisième chapitre aborde les défis de la conception des systèmes d'assurance sociale dans les économies en développement, caractérisées par une forte informalité et des frictions comportementales. Il étudie comment le degré de redistribution et la durée minimale de cotisation (condition d'éligibilité) des régimes de retraite contributifs influencent l'offre de travail formel lorsque les agents présentent un biais de présent et que les capacités de contrôle de l'État sont limitées. Les résultats apportent des éléments théoriques pour concevoir des systèmes de protection sociale inclusifs, capables d'étendre la couverture sans compromettre les incitations.
Thesis resume
This dissertation examines how inequality and public policy interact in shaping redistribution, social insurance, and collective provision. Across the three essays, it shows that economic, demographic, and behavioral differences not only influence the design and political support for public policies but are also shaped by them. The analysis combines tools from public economics, political economy, and behavioral economics to understand how policies emerge from and feed back into heterogeneous societies. The first chapter studies how income and lifespan inequality interact to determine the structure of a democratically chosen pension system. Using a probabilistic voting model with heterogeneous agents who can complement the public scheme with voluntary savings, it shows that income inequality increases the political demand for redistribution, while lifespan inequality reduces it—generating a emph{resource–time trade-off} that helps explain cross-country variation in pension design. The second chapter examines how moral motivations condition the relationship between inequality and collective choice. By comparing a society of self-interested agents with one in which citizens act according to a moral rule when contributing to a public good, it shows that morality enhances efficiency through voluntary provision but can paradoxically reduce redistribution and increase inequality by weakening political support for taxation and collective transfers. The third chapter addresses the challenges of social insurance design in developing economies characterized by pervasive informality and behavioral frictions. It studies how the redistributive degree and vesting requirements of contributory pension systems affect formal labor supply when agents are present-biased and enforcement is limited. The results provide theoretical guidance on how to expand social protection in such contexts without undermining incentives.