Soutenance de thèse de FAVREAU Yohan


Titre de thèse

Le phénomène de Corruption : éclairage psychosocial

The phenomenon of corruption: a psychosocial perspective

Date

25 novembre 2025 à 9h00

Adresse

Maison de la Recherche 29 Avenue Robert Schuman Aix-en-Provence Cedex 01, 13621, salle 3.09 du bâtiment Multimédia T1

Ecole doctorale

Cognition, Langage, Education

Specialité

Psychologie

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots clés

Corruption,Représentations sociales,Justification du système,Conformité,Comportement,Ethique,

Keywords

Corruption,Social representations,System justification,Bribery,Behavior,Ethics,

Jury

Jury de thèse
Qualité Nom Etablissement
Professeur des universités Mme FOINTIAT Valérie Aix Marseille Université
Professeur des universités Mme LE FLOCH Valérie Université Toulouse 2 Jean-Jaurès
Professeure des universités M. DINET Jérôme Université de Lorraine
Professeur des universités M. GIRANDOLA Fabien Aix Marseille université

Résumé de la thèse

Cette thèse explore la persistance de la corruption en adoptant une perspective de psychologie sociale. Trois objectifs principaux ont guidé les recherches : (a) comprendre la signification attribuée à la corruption par le grand public, (b) étudier la perception sociale des individus corrompus, et (c) analyser les liens entre la justification du système et les composantes de l'attitude envers la corruption. Nos travaux s'inscrivent dans la tradition des représentations sociales (Moscovici, 1961) et mobilisent les concepts de l'« Effet brebis galeuse » (Marques et al., 1988) et de la Théorie de la Justification du Système (TJS : Jost et al., 2004). Les résultats de la première étude révèlent que la corruption est perçue principalement comme un phénomène politique, dominé par des représentations liées à « l'argent » et à « la politique ». L'attitude envers la corruption est globalement négative. Dans la deuxième étude, l'approche par le jugement social a mis en évidence l'impact du contexte sur l'évaluation des personnes corrompues. Les résultats indiquent une vision majoritairement négative de la corruption, mais l'appartenance groupale n'affecte pas la perception sociale des personnes corrompues, ce qui contraste avec les théories sur l'identité sociale (Tajfel, 1972). Cela suggère que la corruption est unanimement perçue comme un phénomène socialement négatif, indépendamment de l'identité groupale. La troisième étude a exploré les liens entre la justification du système et l'attitude envers la corruption. Elle montre que la justification du système réduit globalement la perception de la corruption, en cohérence avec la motivation à percevoir le système comme juste, mais n'explique pas complètement l'intention de corrompre. La quatrième étude, réalisée dans un contexte de corruption non endémique (France), a montré que la justification du système prédit également une moindre perception de la corruption, mais n'affecte pas l'intention de corrompre. Ce constat suggère que l'environnement social et culturel peut moduler les liens entre la justification du système et les attitudes à l'égard de la corruption. La cinquième étude a testé un modèle de l'action corrompue (Rabl & Kühlmann, 2008), en y intégrant l'adhésion à la justification du système économique (JSE), dans un contexte de corruption publique. Les résultats confirment l'importance des leviers sociaux, cognitifs et motivationnels dans la prise de décision de corruption. En revanche, la JSE influence cette dernière de manière faible, indiquant que la chaîne décisionnelle est davantage influencée par des facteurs individuels et sociaux que par la justification idéologique du système. L'étude a également mis en évidence des différences dans la perception de la petite et de la grande corruption, les individus étant contre-intuitivement plus indulgents envers les grands corrupteurs publics.


Thesis resume

This thesis investigates the persistence of corruption through the lens of social psychology. Three main objectives guided the research: (a) to understand the meaning attributed to corruption by lay people, (b) to examine the social perception of corrupt individuals, and (c) to analyse the links between system justification and the components of attitudes toward corruption. The work is rooted in the tradition of social representations (Moscovici, 1961) and draws on the concepts of the “Black Sheep Effect” (Marques et al., 1988) and System Justification Theory (SJT; Jost et al., 2004). Findings from the first study reveal that corruption is perceived primarily as a political phenomenon, dominated by representations associated with “money” and “politics.” Overall, attitudes toward corruption are negative. In the second study, a social judgment approach highlighted the impact of context on the evaluation of corrupt individuals. Results indicate a predominantly negative view of corruption; however, group membership did not shape the social perception of corrupt individuals, in contrast to social identity theories (Tajfel, 1972). This suggests that corruption is widely regarded as a socially negative phenomenon, regardless of group identity. The third study examined the links between system justification and attitudes toward corruption. Findings show that system justification generally reduces the perception of corruption, consistent with the motivation to see the system as fair but does not fully explain the intention to engage in corrupt behavior. The fourth study, conducted in a non-endemic corruption context (France), similarly showed that system justification predicts lower perceptions of corruption but does not affect the intention to engage in corrupt practices. This suggests that the social and cultural environment can modulate the links between system justification and attitudes toward corruption. The fifth study tested a model of corrupt action (Rabl & Kühlmann, 2008), incorporating adherence to economic system justification (ESJ) in a context of public corruption. Results confirmed the significance of social, cognitive, and motivational factors in corrupt decision-making. However, economic system justification exerted only a weak influence, indicating that the decision-making process is more strongly shaped by individual and social factors than by ideological system justification. The study also highlighted differences in the perception of petty and grand corruption, with individuals being, counterintuitively, more lenient towards major public corruptors.