Soutenance de thèse de PARISI Mathilde
Titre de thèse
contagion émotionnelle et mimétisme émotionnel dans le contexte de la schizophrénie : stigma, première impression et expression faciale
exploring emotional contagion and emotional Mimicry in the schizophrenia spectrum: stigma, first impression, and facial expression
Résumé de la thèse
Les déficits d'interactions sociales chez les personnes diagnostiquées avec schizophrénie (SCZ) suscitent un intérêt croissant, en raison de leur lien avec des issues négatives telles qu'une aggravation des symptômes, une baisse de la qualité de vie et une mortalité accrue. Les recherches actuelles sur la qualité des interactions sociales dans le contexte des troubles mentaux suggèrent que les points de vue des personnes en bonne santé tout comme ceux des personnes diagnostiquées devraient être pris en compte. Cette perspective s'applique particulièrement aux personnes avec SCZ, dont les difficultés sociales découlent à la fois de déficits de compétences et de la stigmatisation. Dans ce contexte, notre recherche doctorale s'intéresse à deux mécanismes sociaux clés : le mimétisme émotionnel (imitation automatique des expressions) et la contagion émotionnelle (transfert d'émotions entre individus) ainsi que leur principal antécédent : la volonté de s'affilier. Notre travail aborde ces mécanismes selon trois axes principaux :
Premièrement, nous avons étudié comment la stigmatisation liée à la SCZ influence la susceptibilité des individus sains à la contagion émotionnelle et leur tendance à mimer les expressions. Deux études ont montré que les participants exprimaient moins de sympathie envers des personnes étiquetées SCZ, mais sans effet significatif sur le mimétisme ni la contagion émotionnelle, suggérant un impact limité sur les processus émotionnels.
Deuxièmement, nous avons exploré comment les compétences sociales des personnes avec SCZ – notamment l'expressivité faciale – influencent les premières impressions formées par des individus sains. Nos deux études ont révélé une perception systématiquement plus négative, que ce soit en face à face ou dans des vidéos en Point-Light Display. Ces impressions se dégradaient davantage lorsque le diagnostic était connu, soulignant le rôle combiné de la stigmatisation et des déficits sociaux.
Troisièmement, nous avons examiné la contagion et le mimétisme émotionnel chez les personnes avec SCZ. Notre revue systématique a mis en lumière le manque d'études en contexte écologique. Ainsi, nous avons développé une méthode sans capteurs pour évaluer le mimétisme en interaction réelle. Les résultats ont montré une réduction du mimétisme facial chez les personnes avec SCZ. Afin d'isoler les effets spécifiques, nous avons aussi testé ces processus chez des individus sains à différents niveaux de schizotypie. Conformément à nos observations précédentes, un niveau élevé de schizotypie était associé à un mimétisme réduit.
En somme, nos résultats indiquent que la stigmatisation et les déficits sociaux perturbent la contagion et le mimétisme émotionnels dans les interactions impliquant des personnes avec SCZ, et que les symptômes eux-mêmes sont associés à une diminution du mimétisme. Les implications cliniques, théoriques et sociétales sont discutées.
Thesis resume
Altered social interaction in individuals diagnosed with schizophrenia (IDS) is a growing research focus due to its association with adverse outcomes such as heightened affective symptoms, reduced quality of life, and increased mortality. Current research on the quality of social interactions in mental illness suggests that both the perspectives of healthy individuals and those with a diagnosis should be considered. This is particularly relevant to IDS, whose social difficulties stem not only from skill deficits but also from stigma. Recognizing this, our PhD research focuses on two core social mechanisms essential for successful interaction: emotional mimicry (the automatic imitation of another's emotional expression) and emotional contagion (the transfer of emotional states between individuals), as well as their primary antecedent: the willingness to affiliate. We examined interactions between IDS and healthy individuals, with particular attention to how schizophrenia-related stigma and social skill impairments in IDS may affect the occurrence of emotional mimicry and emotional contagion.
First, we investigated how schizophrenia-related stigma influences healthy individuals' susceptibility to emotional contagion and their tendency to mimic emotional expressions. Across two experimental studies, we found that participants expressed less liking toward individuals labeled with schizophrenia compared to other labels. However, no significant effects were observed on emotional mimicry or contagion, suggesting that while stigma influences explicit attitudes, its impact on automatic emotional processes may be limited.
Second, we explored how IDS's social skills, particularly facial expressivity, influence the first impressions formed by healthy individuals. We assessed whether social presentation affected perception of IDS, which could in turn modulate emotional contagion and mimicry. In two experimental studies, IDS were consistently perceived more negatively than healthy controls, both in real-life first encounters and in short Point-Light-Display video clips (which isolate facial expression by removing appearance cues). Negative evaluations intensified when participants were informed of the schizophrenia diagnosis. These findings highlight the early development of negative perceptions of IDS and the combined impact of social skill deficits and stigma in shaping these impressions.
Third, we conducted a systematic review on emotional contagion and mimicry in IDS themselves. Findings revealed a lack of ecologically valid research on mimicry in this population. We addressed this gap by developing a novel, sensor-free experimental method to assess mimicry during real-life interactions. Results showed that IDS exhibited reduced facial mimicry compared to healthy controls. To further isolate schizophrenia-specific effects, we also assessed mimicry and contagion in healthy individuals with varying levels of schizotypy. Higher schizotypy was associated with reduced emotional mimicry, supporting the link between schizophrenia-spectrum traits and impairments in emotional mimicry.
In sum, our findings suggest that healthy subjects' emotional contagion and mimicry may be disrupted during interactions with IDS, primarily due to stigma and IDS's social skill deficits. Furthermore, core schizophrenia symptoms appear to be directly associated with diminished emotional mimicry. Given the crucial role of these processes in social functioning, we discuss the clinical, societal, and theoretical implications of our work.