Soutenance de thèse de CAVALLARI Santa Vanessa


Titre de thèse

À la croisée des Self-Translation Studies et des Cultural Studies. Auto-traduction et production translingue dans l'émigration féminine dissidente

At the Crossroads of Self-Translation Studies and Cultural Studies: Self-Translation and Translingual Production in Dissident Female Emigration

Date

17 October 2025 à 14h00

Adresse

29 Avenue Robert Schuman, 13100 Aix-en-Provence, Faculté ALLSH bâtiment Cube, 201 bâtiment Cube

Ecole doctorale

Langues Lettres et Arts

Specialité

LITTERATURE GENERALE ET COMPAREE

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots clés

Auto-traduction féministe ;,Corporalités ;,Écriture féminine ;,Exil ;,Littérature spanglish,

Keywords

Corporalities;,Exile;,Feminist Self-Translation;,Spanglish literature;,Women's Writing,

Jury

Jury de thèse
Qualité Nom Etablissement
Professeur émérite M. NUSELOVICI Alexis Aix-Marseille Université
Professeure des universités Mme SANNA Antonietta Université de Pise
Professeur des universités M. LAVIERI Antonio Université de Palerme
Professeure des universités Mme ELEFANTE Chiara Université de Bologne
Professeur des universités M. LAMPROPOULOS Apostolos Université Bordeaux Montaigne
Professeure des universités Mme POULIN Isabelle Université Bordeaux Montaigne

Résumé de la thèse

Cette thèse vise à approfondir l'étude de l'auto-traduction et de la création littéraire translingue au XXᵉ siècle, envisagées comme des manifestations de l'émergence d'une conscience littéraire et auctoriale féministe. Inscrite dans le contexte de la migration et de l'exil, cette littérature féminine dissidente donne lieu à des formes d'écriture singulières, telles que l'(auto)biographie translingue et la traduction à quatre mains, tout en mobilisant des phénomènes linguistiques spécifiques, notamment le code-mixing et le translinguisme.
La recherche interroge la portée et la signification de ces pratiques à travers un corpus d'écrivaines issues de trois contextes politiques distincts : la Russie soviétique, l'Italie fasciste et le mouvement pour l'indépendance portoricaine. Cette approche permet de formuler et d'étayer l'hypothèse de travail à travers une analyse littéraire diachronique, couvrant l'ensemble du siècle et s'appuyant sur un spectre linguistique diversifié, voire non eurocentré.
L'apport théorique de cette recherche s'inscrit dans la réflexion linguistique et littéraire poststructuraliste, en accordant une attention particulière à la génétique textuelle dans l'étude des brouillons d'auto-traductions. Ce cadre permet de mettre en lumière une part oubliée de la littérature dissidente, mais qui, à travers la pratique auto-traductive, associée à la condition d'exilée, engage une réflexion sur l'égalité des genres sexuels et textuels en littérature. Dans cette optique, et à la lumière de la pensée psychanalytique féminine d'inspiration poststructuraliste, les analyses textuelles visent à dégager des traits spécifiques dans la corporalité sextuelle des œuvres d'Elsa Triolet, Alba de Céspedes et Giannina Braschi.
La méthodologie adoptée repose sur une double logique comparative : d'une part, entre les deux versions d'un même ouvrage ; d'autre part, entre les auto-traductions ou textes translingues de différentes autrices. Cette approche permet de discuter les paradigmes théoriques et méthodologiques de la littérature comparée, fondés sur les principes d'horizontalité et de verticalité, afin de penser une spécificité poïétique, plutôt circulaire, du geste comparatif et traductif.
L'objectif est de montrer que, sous le prisme des Feminist Translation Studies, l'auto-traduction permet d'interroger l'acte traductif au-delà des paradigmes binaires et monolingues dominants.


Thesis resume

This thesis aims to deepen the study of self-translation and translingual literary creation in the twentieth century, conceived as manifestations of the emergence of a feminist literary and authorial consciousness. Rooted in the context of migration and exile, this dissident women's literature gives rise to distinctive forms of writing, such as translingual (auto)biography and four-handed translation, while also engaging specific linguistic phenomena, including code-mixing and translingualism.
The research examines the significance and implications of these practices through a corpus of women writers from three distinct political contexts: Soviet Russia, Fascist Italy, and the Puerto Rican independence movement. This approach supports the working hypothesis through a diachronic literary analysis spanning the entire century and drawing on a diverse, and at times non-Eurocentric, linguistic spectrum.
The theoretical contribution of this research is anchored in poststructuralist linguistic and literary thought, with particular attention to textual genetics in the study of self-translation drafts. This framework brings to light a neglected facet of dissident literature which, through the practice of self-translation linked to the condition of exile engages with issues of gender equality, both sexual and textual, in literature. From this perspective, and informed by poststructuralist-inspired feminine psychoanalytic theory, textual analyses aim to uncover specific traits in the sextualized embodiment of the works of Elsa Triolet, Alba de Céspedes, and Giannina Braschi.
The adopted methodology follows a dual comparative logic: on the one hand, between the two versions of a given work; on the other hand, between the self-translations or translingual texts of different authors. This approach serves to challenge the theoretical and methodological paradigms of comparative literature, based on the principles of horizontality and verticality, in order to propose a poietic specificity of the comparative and translational act that is more circular.
The aim is to show that, through the lens of Feminist Translation Studies, self-translation offers a way to question the act of translation beyond dominant binary and monolingual paradigms.