Soutenance de thèse de CHABERTY Catherine


Titre de thèse

Le concept de propriété au prisme des communs

The concept of property in the light of the commons

Date

10 September 2026 à 14h00

Adresse

Faculté des arts, lettres et sciences humaines 29, avenue Robert Schuman 13100 Aix-en-provence, Bâtiment T1 Pôle Multimédia Salle de colloque 1

Ecole doctorale

Cognition, Langage, Education

Specialité

Philosophie

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots clés

Communs,Propriété,John Locke,Elinor Ostrom,Autogouvenance,

Keywords

Commons,Property,John Locke,Elinor Ostrom,Self-governance,

Jury

Jury de thèse
Qualité Nom Etablissement
Maîtresse de conférences Mme NOËL-LEMAITRE Christine Aix Marseille Université
Professeur des universités M. PIERRON Jean-Philippe Université de Bourgogne Europe
Professeure des universités Mme HOURCADE SCIOU Annie Université de Rouen Normandie
Maîtresse de conférences Mme ZASK Joëlle Aix Marseille Université
Professeur des universités M. XIFARAS Mikhaïl Sciences Po Paris
Maître de conférences M. PENERANDA Adrien Sciences Po Toulouse
Professeur des universités M. LE GOFF Joan Université Paris-Est Créteil

Résumé de la thèse

La propriété privée, conçue comme fondement de l'ordre politique et économique moderne, s'avère inadaptée à la gestion durable des ressources communes. La crise écologique révèle un besoin de reconfiguration conceptuelle et normative, qui exige d'articuler différemment la propriété, la nature et le commun. Face à la propriété exclusive d'une économie capitaliste ne profitant désormais plus qu'à un petit nombre, le mouvement des communs va venir inclure peu à peu les notions d'inclusion, de propriétés communes, de gestion collective des ressources communes, dans un partage pouvant bénéficier au plus grand nombre. Il s'agit d'une troisième voie, entre l'état et le marché, qu'Elinor Ostrom va proposer en mettant en avant des solutions de l'auto-organisation et de l'auto-gouvernance, des solutions non plus considérées comme des utopies politiques, mais comme des pratiques d'action collective pragmatiques, efficaces et durables susceptibles de répondre à une large palette de problèmes écologiques et économiques actuels.
La question des communs est intimement liée à celle de la propriété. Les communs, en effet invitent, à dépasser les frontières du propre et du commun, de l'individuel et du collectif, dans une continuité entre l'individu, la société et l'environnement. D'ou l'importance d'analyser la capacité des communs à concevoir des formes de propriété commune, plus relationnelle, capable de rendre compte des enjeux actuels.
C'est donc autour de ces questions que s'organise cette recherche, qui interroge la propriété à travers une série de déplacements : de Locke à Ostrom, de la propriété individuelle à la propriété commune, de la domination de la nature à la reconnaissance de ses droits. Interroger la propriété, c'est faire face à une notion complexe dont la généalogie montre que l'analyse se situe à la croisée d'un questionnement philosophique, d'une construction juridique et de pratiques économiques. Ainsi, aborder la propriété dans sa globalité et sous ses divers aspects disciplinaires relève de la condition même de compréhension d'un concept dont les trois dimensions sont intrinsèquement liées. Ainsi, repenser la propriété au prisme des communs nous conduit à interroger les dualismes issus de la modernité et à reconsidérer le rapport de l'humain au non-humain.


Thesis resume

Private property, conceived as the foundation of the modern political and economic order, proves to be ill-suited to the sustainable management of common resources. The ecological crisis reveals a need for conceptual and normative reconfiguration, requiring a different articulation of property, nature, and the commons. Faced of exclusive property in a capitalist economy that now benefits only a small number of people, the commons movement gradually introduces the notions of inclusion, common property, and the collective management of common resources, within a form of sharing that can benefit the greatest number. It constitutes a third way, between the state and the market, which Elinor Ostrom proposes by emphasizing solutions based on self-organization and self-governance, solutions no longer regarded as political utopias but as pragmatic, effective, and sustainable practices of collective action capable of responding to a wide range of current ecological and economic problems.
The question of the commons is closely linked to that of property. The commons, indeed, invite us to move beyond the boundaries between the proper and the common, the individual and the collective, within a continuity between the individual, society, and the environment. Hence the importance of analysing the capacity of the commons to conceive forms of common property that are more relational and capable of accounting for current issues.
It is therefore around these questions that this research is organised, examining property through a series of shifts: from Locke to Ostrom, from individual property to common property, from the domination of nature to the recognition of its rights. To examine property is to confront a complex concept whose genealogy shows that the analysis lies at the intersection of philosophical inquiry, legal construction, and economic practices. Thus, approaching property as a whole and through its various disciplinary dimensions is itself a condition for understanding a concept whose three dimensions are intrinsically linked. Thus, rethinking property through the lens of the commons leads us to question the dualisms inherited from modernity and to reconsider the relationship between humans and the non-human.