Soutenance de thèse de CHAHINE Jassem


Titre de thèse

L'impunité en droit pénal comparé Français – Libanais

Impunity in Comparative Criminal Law: French–Lebanese Perspective

Date

12 June 2026 à 14h00

Adresse

2 Avenue Henri Poncet, 13090 Aix-en-Provence., SALLE 033 SITE PONCET

Ecole doctorale

Sciences Juridiques et Politiques

Specialité

Doctorat en droit spécialité Droit privé

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots clés

Impunité,responsabilité pénale,irresponsabilité pénale,sécurité juridique,justice pénale,égalité devant la loi

Keywords

Impunity,Criminal responsibility,Criminal non-responsibility,Rule of law,Legal certainty,Equality before the law

Jury

Jury de thèse
Qualité Nom Etablissement
Professeure des universités Mme GIACOPELLI Muriel Aix Marseille Université
Professeure des universités Mme SAADE leila Universite Libanaise
Professeure des universités Mme NASR philomene Universite Notre Dame
Professeur des universités M. BONFILS philipe Aix Marseille Université
Professeur des universités M. VERNY Edouard Université Paris 2
Maître de conférences Mme PONSEILLE Anne Université de Montpellier

Résumé de la thèse

Le droit pénal est, par vocation, un droit de sanction, destiné à garantir le respect des interdits fondamentaux et à assurer la protection de l'ordre social. Il est traditionnellement appréhendé à travers ses fonctions répressive, dissuasive et protectrice, ainsi que par les mécanismes de mise en œuvre de la responsabilité pénale. Pourtant, derrière cette apparente cohérence normative, se déploient de nombreux dispositifs qui permettent, directement ou indirectement, d'échapper à la sanction. Ces mécanismes, intégrés au cœur même de l'ordre juridique, participent à la construction d'espaces de non-punition, que la présente thèse analyse sous l'angle de l'impunité.
L'impunité est le plus souvent envisagée comme une défaillance exceptionnelle du système pénal, imputable à des dysfonctionnements institutionnels ou à des circonstances conjoncturelles. Toutefois, l'étude démontre qu'elle constitue, en réalité, un phénomène structurel, juridiquement organisé et socialement enraciné. Les causes d'irresponsabilité, la prescription, les amnisties, les immunités et les mécanismes de clémence apparaissent ainsi comme autant d'instruments susceptibles de neutraliser la sanction, parfois au détriment du principe d'égalité devant la loi.
L'analyse comparée des droits français et libanais révèle que ces dispositifs, initialement fondés sur des considérations humanistes, pragmatiques ou politiques, tendent, par leur multiplication et leur usage extensif, à se transformer en véritables échappatoires pénales. Ils traduisent une tension permanente entre protection de l'individu, exigences de stabilité institutionnelle et nécessité de répression effective.
Plus qu'un simple inventaire des mécanismes d'exonération, cette thèse propose d'en interroger les fondements, les usages et les effets systémiques. Elle met en évidence la convergence de l'impunité fondée sur l'irresponsabilité et de celle résultant de la neutralisation de la peine, révélant l'existence d'un système parallèle d'évitement de la responsabilité pénale.
En invitant à repenser les rapports entre humanisme pénal, pouvoir politique et rationalité répressive, ce travail entend contribuer à une réflexion globale sur les conditions de crédibilité de la justice pénale. Il propose, enfin, une relecture critique des catégories de responsabilité, de sanction et de clémence, afin de restaurer un équilibre durable entre protection des libertés, justice pour les victimes et autorité normative du droit pénal.


Thesis resume

Criminal law is, by vocation, a law of punishment, intended to guarantee respect for fundamental prohibitions and to ensure the protection of social order. It is traditionally understood through its repressive, deterrent, and protective functions, as well as through the mechanisms governing criminal liability. However, behind this apparent normative coherence, numerous legal devices exist that allow, directly or indirectly, the avoidance of punishment. Integrated into the very core of the legal system, these mechanisms contribute to the creation of spaces of non-punishment, which this thesis analyzes through the lens of impunity.
Impunity is most often perceived as an exceptional failure of the criminal justice system, attributable to institutional dysfunctions or circumstantial factors. This study demonstrates, however, that impunity is in reality a structural phenomenon, legally organized and socially entrenched. Grounds of non-responsibility, limitation periods, amnesties, immunities, and clemency mechanisms thus appear as instruments capable of neutralizing punishment, sometimes to the detriment of the principle of equality before the law.
The comparative analysis of French and Lebanese law reveals that these mechanisms, initially grounded in humanistic, pragmatic, or political considerations, tend, through their multiplication and extensive use, to become genuine penal loopholes. They reflect a permanent tension between individual protection, institutional stability, and the need for effective repression.
Beyond a simple inventory of exemption mechanisms, this thesis examines their foundations, uses, and systemic effects. It highlights the convergence between impunity based on non-responsibility and that resulting from the neutralization of punishment, revealing the existence of a parallel system for evading criminal liability.
By inviting a rethinking of the relationship between penal humanism, political power, and repressive rationality, this research seeks to contribute to a broader reflection on the conditions of credibility of criminal justice. Finally, it offers a critical reinterpretation of the concepts of responsibility, punishment, and clemency in order to restore a sustainable balance between the protection of freedoms, justice for victims, and the normative authority of criminal law.