Soutenance de thèse de BORRELLO Marida


Titre de thèse

Activer les Paysages Urbains de l'Innovation à Rotterdam, Marseille et Roma-Ostiense : les lieux comme révélateurs d'identités et d'écologies possibles des transitions

Activation the Urban Landscape of innovation in Rotterdam, Marseille and Roma-Ostiense: places revealing the possible identites and ecologies of transitions

Date

22 May 2026 à 11h00

Adresse

Facoltà di Architettura Università di Roma " La Sapienza" - Piazza Borghese, 9, 00186 Roma RM, Italia, Aula magna

Ecole doctorale

Espaces, Cultures, Sociétés - Aix-Marseille

Specialité

Urbanisme et aménagement du territoire

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots clés

lieux,transition,paysage urbain,

Keywords

places,transition,urban landscape,

Jury

Jury de thèse
Qualité Nom Etablissement
Professeur des universités M. MATTEUDI EMMANUEL AIX MARSEILLE UNIVERSITE
Professeure Mme GIRARD Muriel L'école nationale supérieure d'architecture de Marseille
Professeur M. BERTONI Angelo École nationale supérieure d'architecture de Strasbourg
Professeur M. GWIAZDZINSKI Luc École nationale supérieure d'architecture de Toulouse
Assistant professor Mme BOONSTRA Beitske Erasmus Rotterdam University
Professeure Mme SALIZZONI Emma Politecnico di Torino
Enseignant-Chercheur M. DE DOMINICIS Filippo L'Università degli Studi dell'Aquila
Professeur M. OTTAVIANO Marco l'Università degli studi del Molise

Résumé de la thèse

Le hub d'innovation désigne un espace, défini par la géographie économique nord-américaine, dont la fonction est de mesurer (et d'accroître) le business généré par une innovation technologique sur un territoire donné. Avec l'introduction du concept de durabilité, une complexité majeure a investi les critères de mesure de l'impact de l'innovation, élargissant l'évaluation strictement économique à la prise en compte des limites planétaires (durabilité environnementale) et des conditions de vie des groupes humains qui habitent ce système (durabilité sociale). Dans ce cadre, la littérature a vu émerger une nouvelle typologie de lieux, conçus pour générer et diffuser dans les territoires des formes d'innovation différentes, qualifiées de « sociales ». Dans le contexte français, ces espaces sont désignés par le terme tiers-lieux. La thèse s'appuie sur ces considérations pour interroger, dans la fabrique urbaine, l'origine et les implications contemporaines de deux définitions du lieu, associées à deux conceptions présumées distinctes de l'innovation. À travers l'outil du projet de paysage et l'analyse comparée d'expériences situées dans trois villes significatives du contexte européen (Rotterdam, Marseille et Roma), la recherche vise à démontrer l'importance de la prise en compte du point de vue situé des différents acteurs dans la relation entre les lieux qui les représentent et leur territoire, pour la réalisation des transitions communes de notre planète. Lorsque l'innovation s'associe, à travers le lieu, au contexte urbain ou territorial, le dualisme entre innovation technologique et innovation sociale peut-il être utile ? Si le terme « innovation » est né dans dans l'environnement restreint du laboratoire, comment ce concept peut-il faire sens pour la fabrique urbaine, dans son infinie ouverture et complexité ?
Et, inversement, de quelle manière la « production et diffusion de l'innovation » transforme-t-elle le concept même de lieu et sa capacité à agir sur les transformations urbaines à différentes échelles ? Comment enfin le lien entre lieu et innovation permet-il de redéfinir le concept ambigu et multiforme de « durabilité » des transformations en cours dans la fabrique urbaine ? Dans le contexte contemporain d'un « monde en transition », la prise en compte du temps comme variable en mouvement constant au sein du projet urbain impose la nécessité de définir de nouvelles catégories de lecture partagées, capables d'interpréter les ensembles ouverts de relations qui constituent la ville et d'orienter de nouvelles volontés de projet, aptes à s'adapter à la transformation de l'ensemble tout en en déterminant une partie. À travers l'analyse du lien entre innov-ation et lieu, médiée par le concept situé et complexe de durabilité à travers le paysage et ses valeurs, cette étude ouvre une réflexion élargie sur le sens même du projet et sur l'identité sociale qu'il représente pour l'écologie des territoires, selon des critères de qualité, en relation avec les différents groupes sociaux, et de quantité, à travers les différentes échelles territoriales, afin d'activer des formes de coexistence capables de soutenir la réalisation des multi-transitions voulues sur notre planète. Les réassemblages interdisciplinaires d'Ecologie Politique, Transition Management et des études du projet de l'espace sont utilisés pour définir une méthodologie d'analyse de la relation multi-niveaux des lieux dans leur contexte jusqu'à la ville étudiée, utile à déterminer l'ensemble des relations qu'identifient les différents groupes sociaux (identités) à l'intérieur de la fabrique urbaine (écologies). Les paysages de l'innovation ainsi cueillis à Rotterdam, Marseille et Roma offrent un regard sur les transformations en cours et sur les potentialités transformatives des différents groupes et lieux dans le contexte global multi-institutionnel, pour la constitution de valeurs partagés en Europe et la réalisation de transitions communes.


Thesis resume

The innovation hub refers to a specific type of space whose function is to measure (and to increase) the business generated by technological innovation within a given territory. With the concept of sustainability, greater complexity has been incorporated into the criteria for assessing the impact of innovation, extending beyond the mere economic parameter to include the planetary boundaries (environmental sustainability) and the living conditions of the human groups inhabiting this system (social sustainability). Within this framework, the literature has seen the emergence of a new typology of places, conceived to generate and disseminate within territories different forms of innovation, defined as “social”. In the French context, such spaces are called tiers-lieux. This thesis investigate the origins and contemporary implications, for the urban fabric, of the existence of these two definitions of place, each associated with a presumedly distinct understanding of the concept of innovation. Through the practice of landscape project, and by means of a comparative analysis of situated experiences in three significant European cities, Rotterdam, Marseille, and Rome, the thesis seeks to demonstrate the importance of considering the situated perspectives of different actors in the relationship between the places that represent them and their territories, in order to advance the realisation of the common transitions required by our planetary dimension. When innovation is associated, through place, with the urban or territorial context, is the dualism between technological and social innovation useful in some way? If the term innovation originates within the confined environment of the laboratory, in what sense can this concept be meaningful for the urban fabric, with its infinite openness and complexity? Conversely, how does the production and diffusion of innovation transform the very notion of place and its capacity to influence urban transformations across different scales? In what way does the relationship between place and innovation allow for a redefinition of the ambiguous and multifaceted concept of sustainability within the ongoing transformations of the urban fabric and the values they produce? In the contemporary context of a “world in transition”, acknowledging time as a constantly shifting variable within urban design calls for the definition of new shared interpretative categories, capable of reading the open systems of relations that constitute the city, and of orienting new projectual intentions, able to adapt to the transformation of the whole while determining one of its parts. Through the deep analysis of the nexus between innov-ation and place, mediated by the situated and complex concept of sustainability as expressed through landscape and its values, this study opens a reflection on the very meaning of a situated project, and on the social identity it represents for the ecology of territories, according to criteria of quality (in relation to different social groups) and quantity (across territorial scales), with the aim of activating forms of coexistence in diversity capable of supporting the realisation of the multiple transitions consciously willed for our planet. The interdisciplinary reassemblage of Political-Ecology, Transition Management, and spatial project studies is used to define a methodology for analysing the multi-level relationship between places and their contexts up to the case-study city, in order to delineate the web of relations that identify different social groups (identities) within the urban fabric (ecologies). The landscapes of innovation thus explored in Rotterdam, Marseille, and Rome provide insights into the ongoing socio-ecological transformations, as well as into the transformative potential of the various groups and places involved in innovating the multi-institutional global context, towards the construction of shared values in Europe and the achievement of common transitions.