Soutenance de thèse de ALEXANDER Gregory
Titre de thèse
interaction humain-machine : une analyse des enjeux de l'émergence des robots humanoïdes par le prisme des études de films de science-fiction
human-robot interaction: investigating the challenges of emerging humanoid robots through science fiction film studies
Résumé de la thèse
Cette thèse considère les films de science-fiction (SF) comme des Prototypes de Science-
Fiction (PSF), afin d'anticiper les défis liés à l'essor de la robotique humanoïde et d'éclairer
l'innovation technologique dans le monde réel. J'applique les méthodes d'écriture de PSF
élaborées par Brian David Johnson (2011) à des films de science-fiction mettant en scène des
êtres artificiels, en me concentrant sur des récits où ces derniers jouent un rôle structurant dans
la relation créateur/création ou maître/esclave, laquelle détermine les interactions entre
personnages humains et êtres artificiels. Le concept de novum, tel que développé par Darko
Suvin (1979), est central à l'analyse filmique, dans la mesure où il permet de concevoir ces
personnages artificiels comme la « chose nouvelle » innovante autour de laquelle s'organise le
récit, ainsi que le procédé de distanciation à travers lequel il est possible d'évaluer les obstacles
à la création et à l'intégration sociale des êtres artificiels. Cette thèse s'appuie également sur
des chercheurs tels que Suvin, Fredric Jameson, Istvan Csicsery-Ronay Jr. et Johnson afin
d'interroger ce qui définit la science-fiction en tant que genre, ainsi que ses contributions
potentielles à la recherche sur les technologies émergentes. Des concepts philosophiques relatifs
aux questions d'éthique, de travail, d'identité individuelle et de conscience sont ensuite
examinés dans un chapitre consacré à la construction d'une « boîte à outils » conceptuelle.
L'analyse du corpus s'ouvre sur « R.U.R. » (1920), pièce de Karel Čapek, qui permet de
contextualiser historiquement la notion de robot et constitue le point de départ d'une généalogie
de l'être artificiel en science-fiction, couvrant la période allant de 1920 jusqu'aux années 2020.
L'étude se concentre enfin sur trois films constituant le cœur du corpus. Blade Runner (1982),
est envisagé comme récit de force de travail artificielle ; I, Robot (2004), est analysé sous l'angle
de l'éthique robotique ; et, Ex Machina (2014), est interprété comme exploration de la question
de la conscience artificielle. En fin de compte, cette étude avance que la synthèse de la
« Philosophical Toolkit », l'adoption du « Roboticist's Oath » et la création d'une «
International Artificial Intelligence Organization » (IAIO) constituent les fondements d'une
innovation plus responsable dans le domaine mondial de la robotique humanoïde.
Thesis resume
This dissertation treats science fiction (SF) films as Science Fiction Prototypes (SFPs), using
them to anticipate the challenges of emerging humanoid robotics and to inform real-world
technological innovation. I apply Brian David Johnson's (2011) SFP writing method to SF films
that contain characters as artificial beings. This dissertation assesses narratives where the
artificial being is essential to the creator/creation, master/slave dynamic that structures the
relationship with the human characters. Darko Suvin's (1979) concept of the novum grounds
the film analysis, because his concept is used to frame these artificial characters as the
innovative new-thing and the estranging device through which the challenges of ethically
creating and socially integrating artificial beings are assessed. This work draws from the ideas
of Suvin, Fredric Jameson, Istvan Csicsery-Ronay Jr., and Johnson to illustrate what SF is as a
genre and how it contributes to emerging technology research. Philosophical concepts on ethics,
labour, personhood and consciousness are then applied through the Philosophical Toolkit
chapter. The case study analysis begins with Karel Čapek's R.U.R. (1920) to historically ground
the notion of a robot. This play provides the starting point for an evolutionary timeline of
artificial beings in SF films from the 1920s to the 2020s. The historical timeline culminates in
three core film case studies as the focus of this research: Blade Runner (1982) as the artificial
labour narrative, I, Robot (2004) as the machine ethics narrative, and Ex Machina (2014) as the
machine consciousness narrative. Ultimately, this study posits that the synthesis of the
Philosophical Toolkit, the adoption of the Roboticist's Oath, and the formation of an
International Artificial Intelligence Organization (IAIO) provide the foundations for more
responsible innovation in the global humanoid robotics landscape.