Soutenance de thèse de GAMAH NABIL


Titre de thèse

L'impact de l'interdépendance entre l'industrie 4.0 et Lean management sur la création de valeur client

The impact of the interdependence between Industry 4.0 and Lean management on the creation of customer value

Date

10 February 2026 à 14h00

Adresse

CRETLOG - Campus Aix-en-Provence 413 Avenue Gaston Berger, 13625 Aix-en-Provence Cedex 01, Salle de réunion

Ecole doctorale

Sciences Economiques et de Gestion d'Aix-Marseille

Specialité

Sciences de Gestion- Aix-Marseille

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots clés

Création de valeur client,Lean,Industrie 4.0,

Keywords

Creation of value,Lean,Industry 4.0,Cash flow operational,

Jury

Jury de thèse
Qualité Nom Etablissement
Professeur émérite M. FIORE Claude CRET LOG - IUT d'Aix-Marseille, Aix-Marseille Université, Campus Aix
Professeur des universités M. FENIES Pierre Université Paris-Panthéon-Assas Maison des Sciences de Gestion
Professeur des universités M. GAUTIER frederic Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne /IAE
Maîtresse de conférences Mme CAMMAN Christelle Aix-Marseille University, Marseille (AMU)
Professeur des universités Mme CHAUVET Vincent Institut d'Administration des Entreprises Campus Porte d'Italie – Toulon

Résumé de la thèse

Dans un contexte de transformation industrielle accélérée, cette thèse s'attache à comprendre comment l'interdépendance entre le Lean Management et les technologies de l'Industrie 4.0 peut générer de la valeur, à la fois au niveau opérationnel (valeur ajoutée) et au niveau stratégique-financier (valeur actionnariale), pour les entreprises manufacturières. S'inscrivant dans une perspective pluridisciplinaire et mobilisant une double grille de lecture théorique – la Resource-Based View (RBV) et la Dynamic Capabilities View (DCV) –, la recherche explore les mécanismes d'intégration, les conditions de déploiement, et les effets croisés des démarches Lean et des outils 4.0.La problématique centrale s'énonce comme suit : Comment l'interdépendance entre la production Lean et l'Industrie 4.0 peuvent-elles générer simultanément de la valeur ajoutée et de la valeur actionnariale dans les processus industriels ? Elle est déclinée en trois questions de recherche secondaires portant sur (1) la perception de l'adoption conjointe Lean–Industrie 4.0, (2) le rôle de la digitalisation dans le pilotage du cash-flow opérationnel, et (3) la contribution des actifs numériques à la création de valeur actionnariale.
Méthodologiquement, la recherche repose sur une stratégie d'étude de cas multiples, qualitative et inductive, appliquée à trois entreprises manufacturières représentatives – anonymisées sous les noms de ThermoTech, ElectroSys et AgriNova. L'analyse est conduite à l'aide d'entretiens semi-directifs, de documents internes, et d'une exploitation approfondie via le logiciel NVivo, permettant une triangulation rigoureuse des données.
Les résultats empiriques mettent en évidence plusieurs contributions originales. D'abord, ils montrent que l'intégration coordonnée du Lean et de l'Industrie 4.0 ne se limite pas à une juxtaposition technique, mais constitue un levier stratégique de transformation organisationnelle. Le Lean permet de stabiliser et de rationaliser les processus, tandis que les technologies 4.0 introduisent des capacités d'agilité, de personnalisation, et d'automatisation avancée. Leur combinaison soutient la réactivité, l'efficience et l'innovation continue – des dimensions clés pour faire face à la complexité et à la volatilité des marchés contemporains.
Ensuite, la thèse révèle que le pilotage du cash-flow opérationnel par la digitalisation représente une interface concrète entre performance industrielle et performance financière. L'usage des données en temps réel, les systèmes cyber-physiques et les plateformes interconnectées permettent une réduction des gaspillages, une meilleure maîtrise des cycles de production, et une synchronisation fine entre CAPEX et OPEX, contribuant ainsi à la création de valeur actionnariale.
Par ailleurs, l'étude met en lumière l'émergence des actifs numériques comme vecteurs stratégiques de différenciation. L'exploitation des données, la propriété intellectuelle issue de solutions d'intelligence artificielle, et les plateformes de services numériques deviennent des ressources immatérielles rares et difficilement imitables, s'inscrivant pleinement dans la logique de la RBV et renforçant les capacités dynamiques des entreprises à s'adapter, innover et se transformer.
La recherche met en évidence que la réussite de l'alignement entre Lean, Industrie 4.0 et création de valeur repose sur une gouvernance stratégique inclusive, un accompagnement du changement, le développement des compétences, une architecture numérique interopérable ainsi qu'une maîtrise des enjeux liés aux données et à la sécurité. En conclusion, la thèse propose un cadre théorique intégratif mobilisant Lean Management, Industrie 4.0, RBV, DCV et théorie de la valeur numérique, apportant à la fois une contribution académique au débat sur la transformation digitale des entreprises industrielles et des orientations pratiques pour concilier performance opérationnelle, innovation technologique et stratégie financière.


Thesis resume

In a context of accelerated industrial transformation, this dissertation seeks to understand how the interdependence between Lean Management and Industry 4.0 technologies can generate value, both at the operational level (added value) and at the strategic-financial level (shareholder value), for manufacturing firms. Anchored in a multidisciplinary perspective and mobilizing a dual theoretical framework – the Resource-Based View (RBV) and the Dynamic Capabilities View (DCV) – the research explores the mechanisms of integration, the conditions of deployment, and the cross-effects of Lean practices and 4.0 tools.
The central research question is as follows: How can the interdependence between Lean production and Industry 4.0 simultaneously generate added value and shareholder value within industrial processes? This is further developed through three secondary research questions addressing (1) the perception of Lean–Industry 4.0 joint adoption, (2) the role of digitalization in managing operational cash flow, and (3) the contribution of digital assets to shareholder value creation.
Methodologically, the research is based on a multiple case study strategy, qualitative and inductive in nature, applied to three representative manufacturing companies – anonymized as ThermoTech, ElectroSys, and AgriNova. The analysis draws on semi-structured interviews, internal documents, and in-depth exploitation via NVivo software, enabling a rigorous triangulation of the data.
The empirical findings highlight several original contributions. First, they demonstrate that the coordinated integration of Lean and Industry 4.0 is not limited to a technical juxtaposition, but constitutes a strategic lever for organizational transformation. Lean stabilizes and rationalizes processes, while 4.0 technologies introduce agility, customization, and advanced automation. Their combination supports responsiveness, efficiency, and continuous innovation – key dimensions to cope with the complexity and volatility of contemporary markets.
Second, the dissertation reveals that the management of operational cash flow through digitalization represents a concrete interface between industrial performance and financial performance. The use of real-time data, cyber-physical systems, and interconnected platforms enables waste reduction, better control of production cycles, and fine synchronization between CAPEX and OPEX, thereby contributing to shareholder value creation.
Furthermore, the study underscores the emergence of digital assets as strategic vectors of differentiation. The exploitation of data, intellectual property stemming from artificial intelligence solutions, and digital service platforms become rare and hard-to-imitate intangible resources, fully aligned with the RBV logic and reinforcing firms' dynamic capabilities to adapt, innovate, and transform.
Finally, the research identifies several success conditions for aligning Lean, Industry 4.0, and value creation: participatory strategic governance, guided change management, workforce upskilling, interoperable digital architecture, and a fine-grained understanding of challenges related to data and security.
In conclusion, this dissertation proposes an original theoretical framework articulating Lean Management, Industry 4.0, RBV, DCV, and digital value theory within an integrative perspective of value creation. It contributes to the academic debate on the digital transformation of industrial firms while offering concrete insights for decision-makers to successfully align operational performance, technological innovation, and financial strategy.