Soutenance de thèse de KALAI Inès


Titre de thèse

La fabrique de la communication en campagne électorale dans un scrutin de liste semi-ouvertes. Étude ethnographique des pratiques de communication des candidats socialistes bruxellois lors des campagnes communales d'octobre 2018 et de mai 2019

The fabric of campaign communication in a semi-open list election. An ethnographic study of the communication practices of Brussels socialist candidates during the municipal campaign of October 2018 and the regional campaign of May 2019

Date

13 January 2026 à 9h00

Adresse

Université catholique de Louvain – Faculté des sciences économiques, sociales, politiques et de la communication (ESPO) Place Montesquieu 1, B-1348 Louvain-la-Neuve, Belgique, Salle du Conseil de la Faculté des sciences économiques, sociales, politiques et de la communication (ESPO), bâtiment Montesquieu

Ecole doctorale

Sciences Juridiques et Politiques

Specialité

Doctorat en Science politique

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots clés

campagnes électorales,candidat·es,organisations partisanes,personnalisation du jeu politique,travail électoral,région de bruxelles-capitale,

Keywords

elections campaigns,candidates,party organizations,personalization of politics,electoral work,brussels-capital region,

Jury

Jury de thèse
Qualité Nom Etablissement
Professeur des universités M. ALDRIN Philippe Aix Marseille Université
Professeur M. ROGINSKY Sandrine UCLouvain
Maître de conférences Mme THEVIOT Anaïs Université Catholique de l'Ouest (UCO)
Professeur M. SERVAIS Olivier UCLouvain
Professeur des universités Mme OLLIVIER-YANIV Caroline Université Paris-Est Créteil
Professeur M. PILET Jean-Benoit Université Libre de Bruxelles

Résumé de la thèse

Cette thèse propose une étude « par le bas » de la personnalisation du jeu politique, à partir d'une enquête ethnographique menée auprès de candidat·es du Parti Socialiste bruxellois lors des campagnes communales de 2018 et régionales de 2019. Dans un système de scrutin de listes semi-ouvertes, les candidat·es doivent à la fois incarner le collectif partisan et se distinguer individuellement pour récolter des voix de préférence. Par ailleurs, dans un territoire bruxellois traversé par de nombreuses fractures sociales, économiques et culturelles, ces pratiques électorales ne peuvent être comprises qu'en contexte, à l'intersection des logiques institutionnelles, partisanes et territoriales.
Fondée sur une année d'observation participante, vingt-huit entretiens et la collecte de matériaux de campagne, cette recherche éclaire la fabrique ordinaire du travail électoral. Elle montre que la personnalisation du jeu politique est un processus encadré et inégalement décentralisé : si le système électoral conduit théoriquement l'ensemble des candidat·es à mener des campagnes centrées sur leur personne, le parti demeure le principal organisateur de la compétition en interne, agissant comme un dispositif de médiation entre les contraintes structurelles du jeu électoral et les pratiques des candidat·es. Enfin, la personnalisation prend des formes diverses selon les trajectoires et les ressources dont disposent les candidat·es. À travers leurs pratiques de communication, ils et elles mobilisent de manière inégale des capitaux économiques, sociaux ou symboliques qui façonnent les formes que prend leur communication électorale.
En articulant ces niveaux institutionnel, organisationnel et individuel, cette thèse met en lumière deux énigmes transversales : d'une part, la manière dont la personnalisation reconfigure le rapport entre individu et collectif partisan ; d'autre part, comment cette fabrique à la fois collective et individuelle contribue à façonner la représentation politique à Bruxelles.


Thesis resume

This dissertation offers a study from below of the personalization of politics, based on an ethnographic investigation conducted among candidates of the Brussels Socialist Party during the 2018 municipal and 2019 regional campaigns. In a semi-open list electoral system, candidates must simultaneously embody the partisan collective and distinguish themselves individually in order to attract preference votes. Moreover, in a Brussels context marked by deep social, economic, and cultural divides, these electoral practices can only be understood in context, at the intersection of institutional, partisan, and territorial logics.
Drawing on one year of participant observation, twenty-eight interviews, and the collection of campaign materials, this research sheds light on the ordinary making of electoral work. It shows that the personalization of politics is a process both structured and unevenly decentralized: while the electoral system theoretically encourages all candidates to run person-centered campaigns, the party remains the main organizer of internal competition, acting as a mediating device between the structural constraints of the electoral system and the candidates' practices. Personalization, however, takes diverse forms depending on the trajectories and resources available to candidates. Through their communication practices, they unevenly mobilize economic, social, and symbolic capital, which shape the forms and styles their campaigns take.
By articulating the institutional, organizational, and individual levels, this dissertation highlights two transversal puzzles: first, how personalization reconfigures the relationship between the individual and the party collective; and second, how this collective and individual making of the electoral process contributes to shaping political representation in Brussels