Soutenance de thèse de LAVIGNE Colin


Titre de thèse

L'influence de l'entraînement avec restriction du débit sanguin sur les réponses neuromusculaires, cardiovasculaires et métaboliques chez des sujets jeunes en bonne santé

The influence of blood flow restriction training on neuromuscular, cardiovascular, and metabolic responses in young healthy humans

Date

15 December 2025 à 14h30

Adresse

Université Côte d'Azur 261 Bd du Mercantour 06200 Nice, FR, 103

Ecole doctorale

Sciences du Mouvement Humain

Specialité

Sciences du Mouvement Humain - NCE

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots clés

Restriction du débit sanguin,Fatigue périphérique,Fatigue centrale,Stress métabolique,Endurance,Entraînement

Keywords

Blood flow restricition,Peripheral fatigue,Central fatigue,Metabolic stress,Endurance,Physical training

Jury

Jury de thèse
Qualité Nom Etablissement
Professeur des universités M. BLAIN Grégory Université Côte d'Azur
Maître de conférences M. HUREAU Thomas Université de Strasbourg
Professeur des universités M. MARTIN Vincent Université Clermont Auvergne
Professeur des universités M. MILLET Guillaume Université Jean Monnet Saint-Etienne
Associate Professor Mme COOK Summer University of New Hampshire

Résumé de la thèse

L'optimisation des déterminants physiologiques intégratifs de l'entraînement est essentielle pour améliorer la santé des personnes sédentaires ou actives, réduire la morbidité et la mortalité chez les patients et accroître la performance des athlètes. À ce titre, l'entraînement avec restriction du débit sanguin (BFR), qui diminue le débit sanguin artériel et interrompt le retour veineux pendant l'exercice, accentue l'hypoxie locale, le stress métabolique/oxydatif et les stimuli de cisaillement, accélérant potentiellement la fatigue musculaire tout en stimulant la biogenèse angiogénique et mitochondriale. Malgré l'intérêt croissant pour le BFR dans le cadre des activités de type aérobie / endurance, les réponses neuromusculaires, cardiorespiratoires, vasculaires et métaboliques intégratives qui sous-tendent ses effets sur la performance sont encore largement méconnues. Dans le cadre de ce travail de these, nous avons determine les réponses aiguës et les adaptations à l'entraînement aérobie avec BFR chez des adultes en bonne santé, en portant une attention particulière à la fatigue neuromusculaire et ses déterminants.

Dans la première étude, nous avons modifié les durées d'effort et de repos lors d'un d'un exercice sur ergocyle par intervalles de faible intensité, une jambe s'entraînant avec BFR et la jambe controlatérale sans BFR. Les observations indiquent qu'à intensité légère l'entraînement avec BFR provoque des diminutions post-exercice de la fonction neuromusculaire significativement plus marquées que l'exercice contrôle. De plus, des intervalles plus courts ont suscité des réponses neuromusculaires et hémodynamiques comparables à celles obtenues à partir d'intervalles plus longs à temps et travail équivalents, avec une douleur perçue moindre. Ces résultats pourraient être pertinents pour cibler une période d'intervention caractérisée par de fortes fluctuations métaboliques sous BFR.

Dans la deuxième étude, nous avons évalué l'effet d'un entraînement avec BFR sur la fatigue neuromusculaire, la fonction vasculaire, la cinétique de récupération post-exercice de la consommation d'oxygène musculaire mVO2 dérivée de la NIRS et l'activation du métaboreflex musculaire. Onze jeunes adultes ont réalisé 6 semaines d'un entraînement basé sur la répétitions d'extensions du genou dynamiques par intervalles, une jambe avec BFR et l'autre sans BFR (contrôle). Comparé à la condition contrôle, l'entraînement avec BFR a diminué le niveau de fatigue neuromusculaire lors d'exercices dynamiques d'extenseurs du genou de haute intensité, amélioré le débit sanguin fémoral lors des tests de la fonction vasculaire et réduit l'amplitude du réflexe de pression à l'exercice, sans modification de la mVO2 dérivée de la NIRS.

Collectivement, ces travaux montrent que l'exercice avec le BFR accentue, à l'issue d'une exercice aïgu, la fatigue périphérique, la désoxygénation musculaire et le stressde cisaillement. Appliqués de façon répétée, ces facteurs de stress améliorent préférentiellement la performance et la résistance à la fatigue lors d'exercices de haute intensité au-delà d'un entraînement équivalent sans BFR. Cette amélioration semble découler principalement d'une plus grande capacité contractile musculaire et d'une meilleure fonction microvasculaire. Des études futures devraient déterminer si des protocoles d'entraînement avec BFR peuvent constituer une approche non pharmacologique de réadaptation chez le patient, afin d'augmenter la capacité fonctionnelle à l'exercice et la qualité de vie liée à la santé. Enfin, il apparaît justifié d'étendre ces résultats en intégrant nos mesures fonctionnelles et mécanistiques à des marqueurs moléculaires et cellulaires des adaptations neuromusculaire, vasculaire et mitochondriale.


Thesis resume

Optimizing the integrative physiological determinants of training is central to improving health in sedentary and recreationally active individuals, reducing morbidity and mortality in patients, and augmenting performance in athletes. To this point, blood flow restriction (BFR) training, which reduces arterial blood flow and occludes venous outflow during exercise, amplifies local hypoxia, metabolic and oxidative stress, and shear stimuli, thereby potentially accelerating the development of muscle fatigue and promoting angiogenic and mitochondrial biogenesis in the active muscle bed and enhancing oxygen delivery and utilization. Despite the growing interest in BFR in endurance-type contexts, little is understood about the integrative neuromuscular, cardiorespiratory, vascular, and metabolic responses that underpin its performance benefits. This thesis examined acute responses and training adaptations to BFR-exercise in healthy humans with a particular focus on neuromuscular fatigue and its underlying mechanisms.

In the first study, we examined the effect of modifying exerciseÐrest durations during low-intensity BFR-interval cycling while one leg exercised with BFR and the contralateral leg without BFR. Observations from this work suggest that low-intensity BFR cycling causes significantly greater decrements in exercise-induced neuromuscular fatigue compared to control exercise without BFR. Furthermore, shorter intervals elicited comparable neuromuscular and hemodynamic responses to longer intervals when matched for time and work, with lower perceived pain. Such results might be relevant to probe an intervention period of increased metabolic fluctuations with BFR.

In the second study, we investigated the effect of training with BFR on neuromuscular fatigue, vascular function, near-infrared spectroscopy (NIRS)-derived post-exercise recovery kinetics of muscle oxygen consumption (mVO2), and muscle metaboreflex activation. Eleven young, healthy individuals completed six weeks of interval dynamic knee-extension training with one leg under BFR and the other leg without BFR. We observed that BFR-interval training, compared to the control, attenuated neuromuscular fatigue development during high-intensity dynamic knee-extensor exercise and improved leg blood flow during vascular function tests, and led to a reduced exercise pressor response during graded circulatory occlusion exercise, which occurred independently of NIRS-derived mVO2.

Collectively, this work demonstrates that BFR exercise amplifies acute peripheral fatigue development, muscle deoxygenation levels, and shear stimuli during interval exercise. When those stressors are applied over the long term, it preferentially enhances exercise performance and resistance to fatigue during high-intensity exercise beyond what is achieved with conventional training during equivalent exercise without BFR. This improvement appears to arise mainly from greater muscle contractile capacity and improved microvascular function. Future studies should address whether implementing BFR-training protocols could be beneficial as a form of non-pharmacological treatment and rehabilitation for people with overactive muscle reflexes as a way to increase functional exercise capacity and health-related quality of life. Finally, extending our findings by integrating our functional and mechanistic measures with complementary molecular- and cellular-level markers of neuromuscular vascular, and mitochondrial biogenesis pathways is warranted.