Soutenance de thèse de VIEIRA Nathan
Titre de thèse
Entre distorsions et flexibilités: quand et pourquoi les politiques d'activité partielle sont elles efficaces?
Between distortions and flexibility: when and why short-time work policies are efficient.
Résumé de la thèse
Cette thèse étudie la conception et les effets des dispositifs d'activité partielle, un programme de rétention de l'emploi qui permet aux entreprises de réduire temporairement la durée du travail des salariés afin de ne pas les licencier lors de périodes de difficultés.
Le premier chapitre développe un cadre théorique général pour analyser l'effet ambigu de l'activité partielle sur la création d'emploi. Dans ce modèle, le programme peut stimuler la création d'emplois via un effet d'assurance ou, au contraire, la freiner via un effet de taxation résultant du coût budgétaire du dispositif. Le chapitre montre que la générosité optimale du programme dépend de la manière dont les entreprises perçoivent ses coûts et bénéfices à l'ouverture d'un poste vacant.
Le deuxième chapitre propose un programme optimal d'activité partielle en prenant en compte ses effets négatifs sur le volume d'heures travaillées et sur les finances publiques. En combinant des méthodes macro-économétriques et un modèle calibré, je montre que le coût supporté par les entreprises pour recourir au dispositif est systématiquement trop faible, dans le temps comme entre pays. Ce coût trop faible engendre une pertes sèche via une trop importante réduction du nombre d'heures travaillées. L'analyse propose un niveau de coût supporté par les entreprises optimal permettant de minimiser ces inefficiences tout en maintenant la protection de l'emploi.
Le troisième chapitre examine les effets dynamiques de l'activité partielle sur la trajectoire des entreprises. À partir de données françaises durant la Grande Récession, je montre que les entreprises ayant eu recours au dispositif ont mieux préservé leurs emplois et conservé leur capital humain accumulé, ce qui a favorisé une reprise plus rapide de leur activité. En protégeant les appariements, l'activité partielle accélère la reprise d'activité des entreprises.
Thesis resume
This thesis investigates the design, efficiency, and dynamic effects of short-time work programs — job-retention schemes that allow firms to temporarily reduce working hours instead of dismissing employees during downturns.
The first chapter develops a general theoretical framework to analyze the ambiguous effect of short-time work on job creation. In this model, the job-retention scheme can either stimulate job creation through its insurance property by enhancing the value of a match, or dampen it through a taxation effect that redistributes resources from more productive firms. The chapter highlights that the optimal generosity of the program depends on how firms perceive its long-term benefits and costs when oppening a vacancy.
The second chapter derives the optimal design of short-time work by accounting for its adverse effects on hours worked and public finances. Using a combination of macroeconometric evidence and structural calibration, I show that the cost firms pay to participate in the program is systematically set too low across time and countries. This mispricing generates deadweight losses, reducing hours worked without substantial employment gains. The analysis proposes an optimal contribution rate from firms that minimizes these inefficiencies while maintaining job protection.
The third chapter examines the dynamic effects of short-time work on firms' trajectories during economic crises. Using French firm-level data from the Great Recession, I find that firms participating in the program preserved employment and retained accumulated human capital, enabling faster post-crisis recovery. By safeguarding productive matches, short-time work accelerates firms' return to pre-crisis levels of activity.