Soutenance de thèse de DI CEGLIE CINZIA


Titre de thèse

Les troubles alimentaires dans la littérature comptemporaine italienne (Maraini, Siti, Lecca, Franzoso, Mariolini, Mencarelli)

"The eating disorders in contemporary Italian (Maraini, Siti, Lecca, Franzoso, Mariolini, Mencarelli)

Date

6 December 2025 à 10h00

Adresse

Université Aix Marseille - Le Cube - 29 Av. Robert Schuman, 13100 Aix-en-Provence, 201

Ecole doctorale

Langues Lettres et Arts

Specialité

LANGUES, LITTERATURES ET CIVILISATIONS ROMANES : Etudes italiennes

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots clés

nourriture,féminité,anorexie,boulimie,études de genre,

Keywords

food,femininity,anorexia,boulimia,

Jury

Jury de thèse
Qualité Nom Etablissement
Maître de conférences M. MAGNI Stefano Aix Marseille Université
Maîtresse de conférences Mme BOVO Martine Université Bordeaux Montaigne
Full professor Mme MARTINELLI Lorella Université Gabriele d'Annunzio
Professeure des universités Mme MAURI Antonella Université de Lille 3

Résumé de la thèse

Ce travail est né d'une question simple mais encore peu explorée: que se passe-t-il
lorsque la nourriture, au lieu de n'être qu'un besoin vital, devient dans la littérature le
lieu où se jouent l'identité, le désir et la souffrance?
Le parcours commence par les autrices italiennes du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle —
Neera, Sibilla Aleramo, Wanda Bontà, Natalia Ginzburg. Dans leurs romans, la relation à
l'alimentation se transforme en un langage secret, une révolte muette face aux rôles
imposés par une société patriarcale qui enferme les femmes dans la maternité et le
mariage. Manger ou se priver devient alors un geste de résistance.
Puis, un tournant décisif apparaît avec Dacia Maraini: pour la première fois, une
écrivaine italienne dessine un personnage masculin aux attitudes anorexiques. Avec elle,
la problématique se déplace et s'élargit. Ce n'est plus seulement le corps féminin qui
exprime une révolte ou une contrainte, mais aussi le corps masculin, fragilisé par ses
contradictions et ses blessures.
À partir de là, l'analyse s'ouvre aux voix masculines de la fin du XXᵉ et du XXIᵉ siècle.
Walter Siti, Marco Mariolini, Marco Franzoso, Nicola Lecca, puis Daniele Mencarelli
racontent chacun, à leur manière, des hommes en lutte avec la nourriture, avec leur
corps et avec eux-mêmes. Dans leurs récits, l'anorexie, l'obsession de la pureté ou le
refus de s'alimenter deviennent les signes visibles d'une crise plus vaste: celle de la
masculinité italienne confrontée aux bouleversements du Sessantotto, aux attentes
familiales, à la société de consommation et, plus récemment, à l'opulence et à la solitude
du nouveau millénaire.
Ainsi, de l'Italie post-unitaire au XXIᵉ siècle, à travers les voix de femmes puis
d'hommes, ce travail montre comment l'alimentation fonctionne comme un miroir des
tensions sociales et des fractures identitaires. Ce qui pourrait sembler un simple geste
quotidien - manger, ou refuser de manger - devient dans la littérature un acte lourd de
sens: cri de douleur, protestation silencieuse, ou tentative de retrouver une place dans
le monde.


Thesis resume

This work arose from a simple but still little-explored question: what happens when
food, instead of being merely a vital necessity, becomes a place where identity, desire
and suffering are played out in literature?
The journey begins with Italian authors of the 19th and early 20th centuries — Neera,
Sibilla Aleramo, Wanda Bontà, Natalia Ginzburg. In their novels, the relationship with
food is transformed into a secret language, a silent revolt against the roles imposed by a
patriarchal society that confines women to motherhood and marriage. Eating or
depriving oneself thus becomes an act of resistance.
Then, a decisive turning point came with Dacia Maraini: for the first time, an Italian
writer created a male character with anorexic tendencies. With her, the issue shifted and
broadened. It was no longer just the female body that expressed rebellion or constraint,
but also the male body, weakened by its contradictions and wounds.
From there, the analysis opens up to male voices from the late 20th and 21st centuries.
Walter Siti, Marco Mariolini, Marco Franzoso, Nicola Lecca, and then Daniele Mencarelli
each tell, in their own way, stories of men struggling with food, with their bodies, and
with themselves. In their stories, anorexia, obsession with purity, and refusal to eat
become visible signs of a wider crisis: that of Italian masculinity confronted with the
upheavals of Sessantotto, family expectations, consumer society, and, more recently, the
opulence and loneliness of the new millennium.
Thus, from post-unification Italy to the 21st century, through the voices of women and
then men, this work shows how food functions as a mirror of social tensions and identity
fractures. What might seem like a simple daily gesture – eating, or refusing to eat –
becomes, in literature, an act laden with meaning: a cry of pain, a silent protest, or an
attempt to find one place in the world.